Le
PCQ en quelques mots
Le Parti
communiste du
Québec est un parti dédié à la
défense des intérêts de la classe ouvrière.
Ses membres sont actifs au sein des syndicats, des organisations
communautaires et populaires, auprès des jeunes, du mouvement
des femmes et des organismes de solidarité internationales.
Les rangs
du
PCQ
sont
ouverts à tous ceux et celles qui veulent lutter contre
l’exploitation et contre toutes les formes d’injustice, en particulier
l’oppression du peuple québécois, et pour l’abolition du
système capitaliste et son remplacement ultime par le
socialisme, puis par le communisme. Pour parvenir à ces
objectifs, nous croyons essentiel que la classe ouvrière
s’unisse et conquière, en alliance avec les autres couches
exploitées de la population,le
pouvoir politique.
Les
membres du PCQ
font également partie du Parti communiste du Canada (PCC).
Le
PCQ possède cependant un statut particulier au sein du PCC. Ce
statut découle de la reconnaissance au sein du mouvement
communiste du fait national québécois.
Depuis sa
fondation,
en 1921, le Parti communiste a accumulé une grande
expérience. Son histoire est intimement liée à de
nombreuses avancées des mouvements ouvrier et populaire.
- Joignez-vous
à un
parti qui met au premier plan les
intérêts du peuple, avant les profits des entreprises.
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à un parti dont les différentes composantes, d’un bout
à l’autre du pays, oeuvrent sans relâche pour contrer le
discours néo-libéral, favoriser le développement
d’un mouvement de riposte et faire progresser le combat social.
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Sommaire
Réflexions
de Fidel Castro
L'INTERNATIONALISATION
DU GÉNOCIDE
La réunion de Camp David vient de
conclure. Nous avons tous écouté avec
intérêt la conférence de presse
des présidents des États-Unis et du Brésil, et les
nouvelles concernant
leur rencontre et les opinions qu'ils ont avancées.
Bien que son visiteur brésilien
l'ait
pressé au sujet de dispositions tarifaires et des subventions
qui
protègent et étayant la production étasunienne
d'éthanol, Bush n'a pas
fait la moindre concession à Camp David.
Le président Lula a
attribué cette fin de non-recevoir à la hausse des cours
du maïs qui a été, selon lui, de plus 85 p.
100.
Un peu avant, la principale
autorité
brésilienne avait exposé dans The Washington Post l'idée
de convertir
les aliments en carburant.
Je n'ai pas l'intention de blesser le
Brésil ni de me mêler de questions ayant à voir
avec la politique
intérieure de ce grand pays. C'est précisément
à Rio de Janeiro, qui
avait accueilli le Sommet mondial sur l'environnement, voilà
maintenant
quinze ans, que j'ai dénoncé avec
véhémence, dans une allocution de
sept minutes, les nuisances environnementales qui menaçaient
l'existence de notre espèce. Bush père, qui était
présent à cette
réunion en sa qualité de président des
États-Unis, a eu la politesse
d'applaudir à la fin, comme tous les autres.
Personne à Camp David n'a
répondu à la
question cruciale : où et qui va fournir les plus de 500
millions de
tonnes de maïs et d'autres céréales dont les
États-Unis, l'Europe et
les pays riches ont besoin pour produire la quantité de galons
d'éthanol que les grandes compagnies de USA et d'autres pays
exigent en
contrepartie de leurs lourds investissements? Où et qui va
produire le
soja, les graines de tournesol et de colza dont les huiles essentielles
vont être convertis en carburant par ces mêmes pays riches?
Un certain nombre de pays produisent
des aliments et exportent leurs excédents. L'équilibre
entre
exportateurs et consommateurs était déjà tendu, si
bien que les cours
ont flambé. Pour être bref, je dois me borner à
signaler ce qui suit.
Les cinq principaux producteurs de
maïs, , d'orge, de sorgho, de seigle, de millet et d'avoine, ces
grains
que Bush veut convertir en matière première pour la
production
d'éthanol, en écoulant 679 millions de tonnes sur le
marché mondial,
selon des chiffres récents. De leur côté, les cinq
principaux
consommateurs, dont certains sont aussi des producteurs de ces grains,
ont besoin aujourd'hui de 604 millions de tonnes par an.
L'excédent
disponible est donc de moins de 80 millions de tonnes.
Or, ce gaspillage colossal de
céréales, sans parler des graines oléagineuses,
pour produire du
carburant permettrait aux pays riches d'économiser à
peine moins de 15
p. 100 de ce que consomment leurs voraces automobiles.
Bush a affirmé à Camp
David qu'il
avait l'intention d'appliquer cette formule à l'échelle
mondiale, ce
qui ne signifie rien moins que l'internalisation du génocide.
Le président du Brésil,
dans son
article du Washington Post,
publié la veille de la rencontre de Camp
David, a affirmé que moins de 1 p. 100 des terres arables du
pays
étaient consacré à la canne à sucre
destinée à la production d'éthanol.
C'est le triple de la superficie que consacrait Cuba quand elle
produisait presque dix millions de tonnes de sucre avant la crise de
l'URSS et les changements climatiques.
Notre pays produit et exporte du sucre
depuis plus longtemps, d'abord à partir du travail des esclaves,
qui
finirent par être plus de trois cent mille dans les
premières années du
XIXe siècle, dans la République médiatisée
dont la pleine indépendance
fut frustrée par l'intervention étasunienne, seule des
immigrants
antillais et des Cubains analphabètes cultivaient et coupaient
la
canne. La tragédie de notre peuple était la morte-saison,
compte tenu
du caractère cyclique de cette culture. Les plantations
appartenaient à
des compagnies étasuniennes ou à de gros
propriétaires terriens
d'origine cubaine. Nous avons donc accumulé plus
d'expérience que
quiconque au sujet de l'incidence sociale de cette culture.
Dimanche dernier, 1er avril, des spécialistes brésiliens
affirmaient sur CNN que bien des terres consacrées à la
culture de la canne dans ce pays avaient été
achetées par des riches Étasuniens et Européens.
Dans mes réflexions du 29 mars, j'ai expliqué les effets
des changements climatiques à Cuba, à quoi s'ajoutent
d'autres caractéristiques traditionnelles de notre climat.
Dans notre île pauvre, qui n'est pas une société de
consommation, il n'y aurait même pas assez de gens pour supporter
les rigueurs qu'implique la culture de la canne à sucre, au
milieu de la chaleur, des pluies ou des sécheresses croissantes.
Quand les cyclones s'abattent sur l'île, même les machines
les plus parfaites ne peuvent couper les cannes couchées et
tordues. Des siècles durant, on n'avait pas pris l'habitude d'y
mettre le feu, tandis que le sol ne se tassait pas sous le poids de
machines complexes et d'énormes camions ; les engrais
azotés, potassiques et phosphoriques, aujourd'hui très
coûteux, n'existaient même pas, et les mois secs et les
mois de pluies alternaient régulièrement. Dans
l'agriculture moderne, il n'y a pas de rendements élevés
possibles sans rotation des cultures.
L'AFP a donné, dimanche 1er avril, des informations
inquiétantes sur les changements climatiques qui des experts
réunis par les Nations Unies jugent d'ores et déjà
inévitables et appelés à avoir de graves
conséquences dans les prochaines décennies.
« Les changements climatiques toucheront largement le continent
américain, provoquant plus de tempêtes violentes et de
vagues de chaleur qui produiront en Amérique latine des
sécheresses, des extinctions d'espèce et même de la
famine, selon le rapport de l'ONU qui doit être adopté la
semaine prochaine à Bruxelles.
« A la fin du siècle, chaque hémisphère aura
des problèmes d'eau, et si les gouvernements ne prennent pas de
mesures, la hausse des températures pourrait aggraver les
risques de "mortalité, de pollution, de catastrophes naturelles
de maladies infectieuses", avertit le Groupe intergouvernemental
d'experts sur l'évolution de climat (GIEC).
« En Amérique latine, le réchauffement est
déjà en train de faire fondre les glaciers des Andes et
menace les forêts de l'Amazonie dont le périmètre
peut finir par se transformer en savane », affirme la
dépêche.
« Compte tenu de la grande quantité de population qui vit
près des côtes, les États-Unis sont eux aussi
exposés à des phénomènes naturels
extrêmes, comme l'a démontré le cyclone Katrina en
2005.
« Ce rapport du GIEC est le deuxième d'une série de
trois qui a démarré en février dernier par un
premier diagnostic scientifique établissant avec certitude
l'existence des changements climatiques.
«`Dans cette seconde livraison de 1400 pages, qui analyse les
changements par secteurs et par régions et dont l'AFP a obtenu
un exemplaire, les experts estiment que, même si l'on prend des
mesures radicales pour réduire les émissions de dioxyde
de carbone dans l'atmosphère, la hausse des températures
sur toute la planète dans les prochaines décennies est
d'ores et déjà une certitude», conclut la
dépêché de la AFP.
Comme on pouvait s'y attendre, Dan Fisk, conseiller à la
sécurité nationale pour la région, a
déclaré le jour même de la réunion de Camp
David que «Cuba ferait partie de la discussion de questions
régionales, et pour aborder non le thème de
l'éthanol - sur lequel le président Fidel Castro
convalescent a justement écrit un article jeudi dernier - mais
celui de la famine qu'il a provoquée chez le peuple
cubain».
Comme ce monsieur mérite une réponse, je me vois
obligé de lui rappeler que le taux de mortalité infantile
à Cuba est inférieur à celui des
États-Unis. Il peut être sûr qu'aucun citoyen cubain
n'est privé de soins médicaux gratuits. Tout le monde
fait des études et personne ne manque d'offres de travail utile,
malgré presque un demi-siècle de blocus économique
et la tentative des administrations étasuniennes d'amener le
peuple cubain é la reddition par la faim et l'asphyxie
économique.
La Chine n'utiliserait jamais une seule tonne de céréales
ou de légumineuses pour produire de l'éthanol. Il s'agit
d'une nation à l'économie prospère qui bat de
records de croissance, où aucun citoyen ne manque des revenus
nécessaires pour acheter des biens de consommation essentiels,
bien que 48 p. 100 de la population, qui dépasse 1,3 milliard
d'habitants, travaille dans l'agriculture. Elle s'est proposée
au contraire de faire des économies d'énergie
considérables en éliminant des milliers d'usines qui
consomment des quantités d'électricité et de
carburant inacceptables. Elle importe bien des aliments
mentionnés de n'importe quel endroit du monde, les transportant
depuis des milliers de kilomètres.
Des dizaines et des dizaines de pays ne produisent pas d'hydrocarbures
et ne peuvent pas cultiver du maïs et d'autres grains, ni des
graines oléagineuses, parce qu'ils n'ont même pas assez
d'eau pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.
Lors d'une réunion convoquée à Buenos Aires par la
Chambre de l'industrie de l'huile et le Centre des exportateurs et
portant sur la production d'éthanol, le Hollandais Loek
Boonekamp, directeur des Marchés et du Commerce agricole de
l'Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE), a déclaré à la presse :
«Les gouvernements se sont emballés; ils devraient garder
la tête froide et se demander s'il faut soutenir l'éthanol
si fortement.
« La production d'éthanol n'est viable qu'aux
États-Unis, nulle part ailleurs, à moins de subventions.
« Ce n'est pas la manne, et nous ne devons pas nous engager
à l'aveuglette ».
« Aujourd'hui, les pays développées poussent
à ce que les carburants fossiles soient mêlés aux
biocarburants à hauteur de 5 p. 100, ce qui exerce
déjà une pression sur les cours des produits agricoles.
Si ce taux s'élevait à 10 p. 100, il faudrait utiliser 30
p. 100 de la surface semée aux USA et 50 p. 100 de celle de
l'Europe. Je me demande donc si c'est soutenable. La demande accrue de
cultures à éthanol fera grimper les prix et les rendra
plus instable.» a-t-il conclu.
Les mesures protectionnistes se montent désormais à 50
centimes le gallon, tandis que les subventions réelles sont
encore plus élevées.
Un simple calcul arithmétique, de ceux qu'on apprend à
l'école, permet de constater qu'il suffit de substituer des
ampoules à basse consommation aux ampoules à
incandescence pour économiser, comme je l'ai dit dans mes
réflexions antérieures, des milliards de dollars en
investissements et en ressources énergétiques, sans
utiliser un seul hectare de terre arable.
Sur ces entrefaites, des nouvelles publiques en provenance de
Washington nous apprennent, selon l'AP :
« La disparition mystérieuse de millions d'abeilles dans
tous les États-Unis met les apiculteurs sur les nerfs et
inquiète même le Congrès qui débattra jeudi
la situation critique d'un insecte capital pour le secteur agricole.
"Les premiers indices sérieux de cette énigme sont
apparus un peu après Noël dans l'État de la Floride,
où les apiculteurs ont constaté que les abeilles avaient
disparu.
« Depuis, ce syndrome que les experts ont baptisé
Problème de la disparition des essaims (CCD, selon le sigle
anglais) a réduit de 25 p. 100 les essaims du pays.
« "Nous avons perdu plus d'un demi million de ruches, qui compte
environ 50,000 abeilles chacune", a déclaré Daniel
Weaver, président de la Fédération des apiculteurs
des États-Unis, qui a précisé que le mal touchait
une trentaine des cinquante États. Le plus curieux, c'est que,
bien souvent, on ne trouve pas de cadavres.
« Selon une étude de l'université de Cornell, les
abeilles assurent la pollinisation de cultures évaluées
de 12 à 14 milliards de dollars.
« Les scientifiques, avancent toutes sortes d'hypothèses,
entre autres qu'un pesticide ait provoqué des dommages
neurologiques aux abeilles et altéré leur sens de
l'orientation. D'autres accusent la sécheresse, voire les ondes
des téléphones portables, mais le fait est que personne
se sait vraiment quelle est la cause de ce
phénomène.»
Le pire nous attend peut-être : une nouvelle guerre pour
contrôler les fournitures de gaz et de pétrole, qui
mettrait l'espèce humaine au bord de l'hécatombe totale.
Des organes de presse russes, citant des services de renseignement, ont
informé que les préparatifs minutieux de la guerre contre
l'Iran ont démarré depuis plus de trois ans, le jour
où l'administration étasunienne a décidé
d'occuper totalement l'Iraq, y déclenchant une guerre civile
odieuse et interminable.
En attendant, le gouvernement des USA consacre des centaines de
milliards de dollars à la mise au point d'armes à
technologie hautement perfectionnée, telles celles qui utilisent
des systèmes microélectroniques, ou de nouvelles armes
nucléaires qui pourraient atteindre leur cible à peine
une heure après en avoir reçu l'ordre.
Les États-Unis se moquent royalement de l'opinion mondiale qui
s'oppose aux armes nucléaires, quel qu'en soit le type.
Démolir jusqu'à la dernière usine iranienne est
une besogne technique relativement facile à exécuter pour
une puissance telle que les USA. Le plus difficile risque de venir
ensuite, si l'on déclenche une nouvelle guerre contre une autre
croyance musulmane qui mérite tout respect, tout comme le
méritent les autres religions des peuples de Moyen, du Proche ou
de l'Extrême-Orient, antérieures ou postérieures au
christianisme.
L'arrestation de soldats britanniques dans les eaux territoriales de
l'Iran semble une provocation tout à fait comparable à
celle des prétendus «Frères à la
rescousse» quand, violant les ordres du président Clinton,
ils se sont introduits dans nos eaux territoriales et que l'action
défensive de Cuba, absolument légitime, a servi de
prétexte à cette administration pour signer la fameuse
loi Helms-Burton qui viole la souveraineté de pays tiers. De
puissants médias ont enseveli cet épisode dans l'oubli.
Beaucoup de gens attribuent le fait que le baril de pétrole ait
atteint lundi presque 70 dollars aux craintes d'une attaque contre
l'Iran.
D'où les pays pauvres du tiers monde tireront-ils les ressources
minimales pour survivre?
Je n'exagère pas ni ne tiens des propos outranciers: je m'en
tiens aux faits.
Comme on peut le voir, le polyèdre a bien des faces sombres.
Le 3 avril 2007
Fidel Castro Ruz
Discours
d'une militante du Syndicat des postiers du Canada:
«Nous
exigeons le retrait immédiat des troupes canadiennes»!
Traduction
d'un article publié dans le numéro du 1er au 15 avril
2007 du «People's
Voice»
Discours de Cindy McCallum, directrice de la Région Des
prairies du Syndicat des postiers du Canada, prononcé le 17 mars
au Forum anti-guerre, organisé par l'Alliance canadienne pour la
paix à Winnipeg.
Je suis heureuse de
manifester avec vous ici, en cette journée internationale de
protestation contre les invasions et les occupations de l'Irak et de
l'Afghanistan.
Je ne prétends pas être une spécialiste du
rôle du Canada en tant qu'appui au programme que se sont
donnés les États-Unis ou des détails de la guerre.
Je suis ici parce qu'en tant que femme et que membre de la classe
ouvrière du Canada, j'ai le devoir, envers les femmes et les
membres de la classe ouvrière de ces pays, de m'élever
contre la terreur et l'oppression que ces populations endurent à
cause de nos attaques. Ce sont mes soeurs et mes frères, ces
personnes qui meurent parce que mon gouvernement a décidé
de les attaquer. Je suis ici pour exprimer mon indignation face au
rôle que joue mon pays dans le cadre de cette tragédie
internationale, et pour exiger du gouvernement Harper le retrait
immédiat des troupes canadiennes des combats.
Mon syndicat, le Syndicat des postiers du Canada (SPC), participe
à plusieurs manifestations de protestation qui ont lieu
aujourd'hui au Canada et au Québec. Notre bureau national a
publié un bulletin à nos membres pour leur rappeler
pourquoi leur syndicat a pris l'engagement de participer au mouvement
pour la paix et pour le retrait des troupes de l'Afghanistan.
Le SPC rappelle à ses membres que cette guerre a de nombreuses
conséquences directes. Premièrement, le gouvernement
Harper, en assurant une présence militaire en Afghanistan,
dépense nos ressources, qui seraient mieux utilisées
à fournir des soins de santé, des services sociaux et une
aide internationale véritable. Deuxièmement, en luttant
contre cette politique prioritaire du gouvernement Harper, nous sommes
plus capables de vaincre ses autres politiques, entre autres de bloquer
ses attaques contre les droits des femmes et contre les soins aux
enfants. Troisièmement, en Afghanistan, les syndicats locaux
mènent une lutte contre la privatisation, qui est l'une des
principales luttes de notre Syndicat dans notre pays. Et finalement ce
sont des travailleurs/euses que le gouvernement canadien envoie pour
combattre, mourir et tuer d'autres travailleurs/euses.
En tant que féministe, je suis particulièrement
inquiète du sort des femmes de ces pays, qui sont
violées, battues et opprimées. Cette année,
à l'occasion de la Journée internationale de la femme, le
Congrès pour la liberté de l'Irak a lancé un appel
aux femmes et aux hommes qui tiennent à l'égalité
pour qu'ils protestent contre l'occupation et la violence de bandes
sectaires, dont les conséquences sont terribles pour les femmes.
Le Congrès affirme qu'«en Irak, où règnent
la destruction et le désordre, ce sont les femmes qui paient le
plus cher en matière de dignité et de conditions de
vie» et que «les forces d'occupation ont ouvert toutes
grandes les portes aux violations des droits de la personne,
particulièrement des droits de la femme.»
Autant le Congrès pour la liberté de l'Irak qu'Amnistie
Internationale ont soulevé la question de l'emprisonnement et de
l'exécution de femmes accusées d'avoir participer
à la résistance armée contre les forces
d'occupation. Amnistie s'est penchée sur le cas de trois de ces
femmes, que l'État a condamné à la peine de mort
bien qu'elles n'aient pas eu le droit de recourir à de l'aide
juridique au cours de leur procès ni le droit d'en appeler de la
décision. Deux de ces femmes, Liqa Muhammad et Wassan Talib,
sont actuellement emprisonnées avec leurs enfants de très
bas âge. Ces enfants peuvent remercier George Bush et les forces
d'occupation, alors qu'on se prépare à assassiner leurs
mères.
Je m'inquiète également, en tant que syndicaliste, du
sort des syndicalistes d'Irak et d'Afghanistan. Le monde est
aujourd'hui un endroit dangereux pour les personnes qui
défendent les droits des travailleurs/euses face au pouvoir
croissant des grands monopoles. L'Organisation internationale du
travail reconnaît le droit des travailleurs/euses de se syndiquer
et de militer dans des syndicats, mais l'imposition systématique
du silence par l'assassinat des leaders syndicaux se poursuit sans
soulever de protestation publique.
Le Congrès syndical de Grande-Bretagne a diffusé un
nouveau livre intitulé «Hadi Never Died» (Hadi n'est
jamais mort). Il raconte la torture et l'assassinat de Hadi Saleh,
secrétaire international de l'actuelle Fédération
iraquienne des travailleurs, alors qu'il essayait de reconstruire le
mouvement syndical, que Saddam Hussein avait vilement
réprimé pendant 40 ans. L'assassinat de Hadi a
été suivi par une vague d'assassinats de leaders et de
membres syndicaux. Il semble que l'on ait choisi
particulièrement les enseignants/antes irakiens/iennes comme
cible pour empêcher l'instauration de la justice sociale et de la
stabilité, objectifs pour lesquels les syndicats se battent.
Le gouvernement irakien n'a rien fait pour mettre fin aux mesures mises
en place par Saddam Hussein pour interdire les syndicats. Il a, au
contraire, développé les tactiques répressives
visant à restreindre au maximum la capacité des
travailleurs/euses de se défendre et de lutter pour la justice.
Abdullah Muhsin, de la Fédération irakienne des
travailleurs a déclaré : «L'économie
irakienne a été pulvérisée par les guerres
de Saddam, saignée aux quatre veines par les sanctions et
démolie davantage par l'invasion, le pillage et la corruption
généralisée. L'économie irakienne a un
besoin urgent d'investissements et d'une reconstruction
générale. Des syndicats libres et indépendants
joueront un rôle important pour faire en sorte que les
investissements placés en Irak puissent garantir la
création d'emplois de qualité et l'établissement
de services publics acceptables.
«Les syndicats sont également important pour
conférer à l'Irak un futur démocratique et une
identité nationale. Ils constituent un antidote aux poisons
sectaires de l'extrémisme en Irak» a-t-il dit en terminant.
Il est évident que les forces d'invasion et d'occupation ne
cherchent pas à faire régner l'égalité pour
le peuple, et qu'elles visent l'accès sans restriction aux
ressources et la création d'une économie permettant
l'exploitation.
En Irak, personne ne met en doute que le pétrole constitue
l'objectif des envahisseurs. Les travailleurs irakiens veulent garantir
que le pétrole continuera d'être un bien appartenant au
peuple irakien, mais les envahisseurs ne veulent pas permettre cela. Le
pétrole est le butin qu'ils convoitent, mais ils visent
également à s'accaparer les autres joyaux du coffre au
trésor : les profits de la reconstruction de l'infrastructure
qui a été détruite et le contrôle de ces
installations. Les envahisseurs veulent en devenir les maîtres
par la privatisation, moyen que les grandes compagnies utilisent
partout dans le monde pour voler aux peuples les richesses qui leur
appartiennent.
En Afghanistan, un scandale a éclaté au sujet de la
construction de logements suite au détournement de fonds
occidentaux destinés à la reconstruction. Au lieu de
bâtir de petits logements peu chers pour la population et de
mettre fin à la tragédie qu'est la mort par le froid de
centaines de sans-abri afghans chaque hiver, des ministres des cabinets
et des amis du gouvernement ont pris la liberté de s'attribuer
des terres de premier choix et de construire des villas sous la
protection des forces de l'OTAN.
La corruption se porte très bien en Afghanistan. Les forces de
l'OTAN protègent les élites afghanes et sont la cause
directe de la mort de civils. Mais les médias canadiens
accordent peu d'attention à ces victimes et à ces morts.
De plus la guerre cause la mort de Canadiens et de Canadiennes. Ces
jeunes hommes et femmes sont en train d'être
sacrifiés/ées au jeu très ancien de la guerre.
Combien d'autres corps seront placés dans des cercueils,
recouverts d'un drapeau et renvoyés à leurs familles
éplorées? Je dis que c'est assez!
Le Canada avait la réputation d'être un pays qui oeuvrait
pour le maintien de la paix. Notre rôle au sein des nations Unies
nous avait attiré des honneurs et de l'amitié partout
à travers le monde. Nous refusions d'adopter tout bêtement
la politique étrangère des États-Unis, et nous
étions fiers de notre indépendance. Mais Stephen Harper a
décidé de modifier le rôle que nous devions jouer
en Afghanistan. Il voulait calmer ses maîtres états-uniens
et nous transformer en l'un de ces pays occidentaux qui leur servent de
fiers-à-bras.
Le peuple afghan n'a pourtant jamais attaqué le Canada : il
n'est pas notre ennemi.
La guerre en Irak a été déclenchée à
cause de la soif de profits et au moyen du contrôle et de la
manipulation. Elle est illégale et immorale. Elle ne peut
être appuyée.
Les Canadiens ne devraient pas faire partie d'un programme qui impose
une réalité non désirée à un peuple
non consentant. Le gouvernement fédéral n'a pas le droit
de poursuivre cette tragique farce. Il doit écouter notre appel,
retirer immédiatement les troupes d'Afghanistan et cesser
d'appuyer les États-Unis en Irak.
Éditorial:
Tous et toutes contre la guerre en IRAN
Éditorial
du People's Voice, avril 1-15, 2007
Le danger d'une guerre contre
l'Iran
augmente une fois de plus, avec d'éventuelles
conséquences
catastrophiques encore pires que les horreurs de la guerre en Irak.
Toute la vérité sur la
capture des
marins britanniques par l'Iran nous sera sans doute bientôt
révélée. Il
y a déjà lieu de se demander : pourquoi la
Grande-Bretagne, le
principal complice des États-Unis dans la guerre d'agression
illégale
en Irak, devrait-elle avoir le droit de monter à bord des
navires de
commerce iraniens et de les perquisitionner? Cet incident survient tout
juste après les affirmations controversées, voulante
l'Iran soit
directement impliqué dans le ravitaillement en armes des
rebelles qui
se battent contre les forces d'occupation en Irak, et que l'Iran se
trouverait théoriquement « sur le point » de
fabriquer des armes
nucléaires.
Un modèle familier est en train
de
voir le jour. Désespéré de justifier la campagne
impérialiste visant à
contrôler les approvisionnements en énergie du
Moyen-Orient, Washington
et Londres sont en train de déverser un flot d'accusations
à l'encontre
de l'Iran. La vie des braves soldats états-uniens et
britanniques est
maintenant menacée, ce qui nécessite une action rapide et
décisive -
puis d'abord ne venez pas me demander pourquoi ces troupes se trouvent
dans cette région.
Il n'y a pas de doute que le
gouvernement iranien constitue un régime réactionnaire et
fondamentaliste, contrôlé par des chefs qui sont
prêts à jouer avec la
vie des gens afin de rester au pouvoir. Il en est à peu
près de même
quant au régime de Bush lui-même. Nous avons la certitude
que le peuple
d'Iran, tout en leur laissant le temps et en leur apportant une
véritable solidarité internationale, saura remettre leur
pays dans la
voie de la démocratie et de la liberté. Essayer de
« créer une crise »
et de préparer la scène pour une agression militaire ne
peut que
retarder ce processus.
La situation actuelle nécessite
une
action coordonnée, responsable et unie de tous les partisans de
la
paix. Nous incitons toutes les forces pour la paix au Canada d'exiger
des négociations, sans confrontation, et de soutenir le respect
pour le
droit international, ainsi que la souveraineté et
l'indépendance des
nations.
La
Ligue de la jeunesse communiste du Canada reprend le combat!
Voici la traduction d'un articles publié dans le numéro
du 16 au 30 avril 2007 du «People's
Voice», principal journal communiste en anglais du Canada. Tout
article peut être reproduit granuitement si la source est
indiquée.
Bureau de l'Ontario du «People's
Voice»
Les 23, 24 et 25 mars, dans une
grande salle de réunion tapissée de bannières et
de drapeaux rouges, des jeunes communistes provenant de plusieurs
régions du pays se sont réunis à Toronto pour
discuter, débattre et reconstruire le plus ancienne organisation
socialiste de jeunes du Canada, la Ligue de la jeunesse communiste du
Canada / Young Communist League of Canada (LJC-YCL).
Ce Congrès, le 24ème de la LJC-YCL a réuni une
quarantaine d'invités/ées et de
déléguées/uées. De jeunes
travailleurs/euses et des étudiants/iantes des cycles secondaire
et universitaire ont pris des autobus, fait de l'auto-stop, se sont
entassés dans des autos ou ont voyagé en avion de divers
coins du Canada, y compris du Québec.
Au cours de ces trois jours de sessions plénières,
d'ateliers et de panels, les membres de la LJC-YCL ont débattu
de nombreuses questions d'importance auxquelles les jeunes du Canada et
du monde sont confrontés aujourd'hui.
«J'ai trouvé très bons les débats auxquels
nous avons participé. J'ai été
impressionnée par le niveau des discussions», a
déclaré une déléguée au journaliste
du «People's Voice». «Nous venons de franchir une
étape très importante pour nous».
Le slogan de la principal bannière était
«Préparons la riposte : bâtissons le LJC
organisationnellement, politiquement et idéologiquement!».
Sur une autre bannière on pouvait lire : «Jeunes et
étudiants tous unis pour vaincre Harper et l'extrême
droit!».
Les délégués/uées ont parlé de leurs
expériences personnelles sur différents sujets, entre
autres, la crise de l'emploi due aux privatisations, la
difficulté d'accès aux études, les moyens à
prendre pour que les jeunes travailleurs/euses participent aux luttes
du mouvement syndical. D'autres questions ont également
été abordées, telles que l'importance cruciale de
la solidarité internationale, du mouvement environnemental et
des alliances à établir dans ces domaines.
L'un des moments importants du Congrès a été le
panel international, auquel étaient présents des membres
d'organisations de la jeunesse communiste venus de Grèce (KNE),
du Portugal (JPE), de Cuba (UJC) et des États-Unis (YCL USA),
ainsi que Miguel Maderia, président de la
Fédération mondiale de la jeunesse démocratique,
dont le siège se trouve à Budapest, qui a
félicité les membres de la LJC pour leur Congrès
de reconstruction.
«Il y a trois ans, nous avons mis en branle le processus de
reconstruction de la Ligue, et nous pouvons voir aujourd'hui,
à ce Congrès, que nous sommes en train de nous
développer non seulement en nombre mais aussi
politiquement» a dit Stephen Von Sychowski au «People's
Voice», après avoir prononcé le discours
d'ouverture. «Je crois que nous sortons de ce Congrès avec
la certitude que nous continuerons à nous développer, et
que nos activités se développer, et que nos
activités se développeront en même temps que
nous».
Au terme du Congrès, la LJC-YCL avait adopté ses Statuts
et règlements, la Déclaration d'unité et
résistance, le Rapport politique et un Plan d'action à la
fois ambitieux et stimulant.
Un Comité central de dix membres a été élu.
Il comprend deux membres de la Colombie britannique, un de l'Alberta,
un du Manitoba, trois de l'Ontario, deux de la région nationale
du Québec et un des provinces maritimes. L'un des membres du
Comité central appartient à une Nation autochtone.
Le Comité a également élu un Comité
exécuitif central de deux femmes et de deux hommes, dont
Marianne Breton-Fontaine, du Québec. L'organisateur de la
LJC-YCL de l'Ontario, Johan Boyden, a été élu
secrétaire générale de la Ligue.
«Le discours d'ouverture du Congrès, le Rapport politique
et le Plan d'action ont identifié trois principaux domaines de
travail sur lesquels la Ligue doit se concentrer pour développer
l'unité et le militantisme parmi les jeunes du Canada : la paix,
l'éducation et les emplois», a dit Von Sychowski, qui a
été élu au Comité exécutif central
à titre d'organisateur central. La LJC-YCL a établi
qu'elle organisera des campagnes dans ces domaines et qu'elle
poursuivra et améliorera la publication de son magazine
«Rebel Youth» (Jeunesse rebelle).
«Nous sortons de ce Congrès unis, renforcés et
prêts à poursuivre la construction de la Ligue et du
mouvement des jeunes et des étudiants/iantes au niveau du
Canada, et à contribuer au niveau international», a
déclaré Shona Bracken, membre du Comité
exécutif central. Dans quelques semaines, elle se rendra
à Caracas, à l'invitation de la jeunesse communiste du
Venezuela, pour participer à une conférence international
des femmes.
«Notre Congrès et la conférence de la
Fédération internationale démocratique des femmes
surviennent en une époque pleine de dangers pour notre
génération, pour notre classe et pour le Canada», a
dit Shona Bracken à «People's Voice». qui va
rédiger un rapport de sa visite au Venezuela.
«Aujourd'hui la jeunesse est confrontée à la
destruction de l'environnement, à des guerres, à des
attaques contre tous les systèmes de services à la
population, entre autres en matière d'éducation, de
logement, de santé et de services sociaux. Or le Venezuela
montre que d'importantes étapes peuvent être franchies
dans ces domaines. Notre époque elle est aussi très
stimulante : c'est le moment crucial pour les jeunes de s'engager dans
les luttes afin de riposter au régime des grands monopoles
capitalistes. C'est le moment crucial pour eux d'adhérer
à la Ligue de la jeunesse communiste» a dit Shona Braclen.
«C'est une lutte que nous devons, que nous pouvons et que nous
allons gagner!»
Pour de plus amples
informations sur la Ligue de la jeunesse communiste et pour lire les
documents de son Congrès visitez son site Internet : http://www.ycl-ljc.ca.
Le
budget des conservateurs pourrait déclancher une levée de
barricades chez les nations autochtones
Déclaration de Phil Fontaine, chef
national de l'Assemblée des Premières nations, au sujet
du budget fédéral : Les
Premières nations sont exclues d'un Canada « plus
fort et meilleur »
Voici
la traduction d'un article publié dans le
numéro du 1er au 15 avril 2007 du «People's
Voice»
Le budget dévoilé
par le gouvernement conservateur le 19 mars a déclenché
une levée de boucliers chez les nations autochtones dans tout le
Canada.
«Nous nous attendions à ce que le budget d'aujourd'hui
contiendrait des améliorations pour tous les Canadiens/iennes,
mais aujourd'hui qu'elles en ont pris connaissance, les
Premières nations sont plus que déçues» a
déclaré Phil Fontaine, chef national de
l'Assemblée des Premières nations. «Rien dans ce
budget ne nous permet de croire que le gouvernement s'intéresse
aux conditions révoltantes auxquelles sont soumises les
Premières nations.»
Bien que Phil Fontaine ait qualififié d'"encourageant" le
renouvellement par le gouvernement de programmes tels que la
Stratégie de justice autochtone et l'initiative
«Partenariat des compétences autochtone et des
emplois», il considère que «les investissements
prévus dans le budget de 2007 ont été
décidés en l'absence d'un plan d'ensemble»
permettant de satisfaire les besoins urgents surtout en matière
de logement social.
«Le plus évident de tous les aspects du
déséquilibre fiscal est le sous financement des services
publics fournis aux Premières nations en matière de
santé, de soins aux enfants, d'éducation, de logement et
d'infrastructure» a déclaré Phil Fontaine.
«Aucun secteur de la population canadienne n'a dû endurer
le plafond de 2% qui nous a été imposé en
matière de financement depuis plus d'une décennie. Notre
population continue de s'accroître alors que le fossé
entre riches et pauvres se creuse davantage. Le budget d'aujourd'hui ne
fait qu'empirer le déséquilibre fiscal : au cours des
sept prochaines années, le gouvernement remettra aux provinces
39 milliards de dollars sans accorder une attention comparable aux
Premières nations.
Au sujet du récent rapport «Négociation ou
confrontation - le choix du Canada» émis par le
Sénat sur les revendications spécifiques des peuples
autochtones, Phil Fontaine a averti des conséquences que
pourrait avoir toute négligence à traiter de
«l'immense dette qui existe envers les Premières nations
quant aux revendications territoriales non
réglées». D'autres leaders autochtones ont
été encore plus directs. L'Assemblée des chefs du
Manitoba menace de ne pas coopérer en matière de nouveaux
barrages hydroélectriques et de projets de foresterie. Le grand
chef Ron Evans de l'Assemblée a dit qu'il ne s'était pas
encore "remis" du budget, qui, ne consacre aux Autochtones que 70
millions de dollars sur un total de 10 milliards de nouvelles
dépenses au niveau du pays.
«La somme d'argent que ce budget nous attribue ne nous permet que
de gérer notre propre misère», a
déclaré Evans.
Evans, qui a été candidat du Parti libéral
à Churchill aux élections fédérales de
2004, est également en colère contre le premier ministre
néo-démocrate du Manitoba, Gary Doer, et se
prépare à bloquer les projets tant provinciaux que
fédéraux.
«Ce qui me surprend c'est que le premier ministre, qui
était l'un des grands défenseurs de Kelowna, se
réjouisse aujourd'hui de ce budget», a
déclaré Evans. Il se référait à
l'accord établi en 2005 avec les Autochtones, d'une valeur de
5,1 milliards de dollars, qui visait à augmenter le financement
de logements, de services de logements, d'éducation, de
santé et d'opportunités économiques. Aujourd'hui,
cet accord est mort et enterré.
Evans a affirmé que si les gouvernements ignoraient les
Premières nations, celles-ci répondraient en bloquant la
construction de nouvelles lignes de transmission électriques ou
de barrages hydroélectriques, ou l'exploitation des riches
ressources forestières et minérales du Nord.
«Aussi certainement que le printemps suit l'hiver, le budget de
2007 de Stephen Harper déclenchera un été de
protestation des peuples autochtones d'un océan à
l'autre» a prédit le grand chef Stewart Phillip,
président de l'Union des chefs amérindiens de Colombie
britannique.
«Cette dernière attaque délibérée
contre les peuples autochtones constitue la troisième faute
commise par le gouvernement Harper, ce qui le disqualifie pour de bon
à nos yeux. Il y a d'abord eu le rejet total de l'accord de
Kelowna; puis le refus du Canada de signer la Déclaration des
Nations Unies sur les droits des peuples aborigènes; et
finalement maintenant, l'annonce que sur les 9 milliards de dollars de
surplus du budget, le gouvernement ne consacrera que 21 million
à de nouvelles dépenses pour les peuples
autochtones» a ajouté le grand chef Phillip. «C'est
assez! Nos communautés ont depuis longtemps atteint le point de
rupture.»
«Soyons clairs» a précisé le grand chef.
«Nous ne demandons pas d'autres prestations du bien-être
social fédéral. Nous voulons que le gouvernement du
Canada réponde à ses obligations constitutionnelles et
juridiques dans le domaine des droits territoriaux non
réglés (...) Nous voulons que le gouvernement du Canada
reconnaisse et satisfasse nos droits autochtones et les droits qui nous
ont été attribués en vertu des traités
portant sur nos territoires respectifs. De plus nous exigeons que le
gouvernement fédéral fasse du développement
économique la principale priorité en matière de
dépenses.»
«Il est évident que le gouvernement du Canada ne nous
écoute pas» En terminant il a affirmé qu'«un
été de barricades, de cagoules et de foyers de pneus
finira peut-être par attirer l'attention du gouvernement sur
l'urgence des conditions désespérées dans
lesquelles vivent les peuples autochtones du Canada.»
David Chartrand, président de la Fédération des
Métis du Manitoba et ministre des finances du
Conseil national métis (CNM) a manifesté sa
déception sur le fait que moins de un pour cent des ressources
fédérales attribuées aux peuples aborigènes
soit attribué aux 350 000 Métis qui vivent au
Canada.
«L'écart continue de grandir entre les attentes des
Canadiens/iennes et les conditions de vie réelles des
Métis, bien que ces derniers se battent avec
détermination» a affirmé Chartrand. «Avec le
temps, cette exclusion conduira à un accroissement du
fossé entre riches et pauvres, à laquelle s'ajoutera
l'augmentation des coûts, fardeau qui sera porté par les
Canadiens/iennes du futur dans de futurs budgets. Il ne s'agit pas
d'une question qui ne concerne que les Métis : il s'agit d'une
question canadienne. Nous paierons tous pour le fait que ce budget a
raté l'occasion de corriger la situation.»
Le
35ème Congrès du Parti communiste du Canada
Un
Congrès uni et militant
Voici la traduction d'un article
publié dans le numéro du 1er au 15 mars 2007 du «People's
Voice», principal journal communiste en anglais du Canada. Tout
article
peut être reproduit granuitement si la source est indiquée.
Collaboration spéciale / People's Voice
Au cours de la fin de semaine
du 2 au 4 février, les communistes canadiens sont
retournés à leurs racines. Leur 35ème
Congrès central a en effet eu lieu près de
l'Université de Toronto, dans la salle des Métallos,
juste en face du «24 Cecil Street», édifice qui
avait été la maison du Parti communiste du Canada pendant
des décennies.
Dans son discours d'ouverture à plus de 60
délégués et membres suppléants venu de
différents régions du pays, le leader du PCC, Miguel
Figueroa a rendu hommage à «ce magnifique bâtiment,
qui avait été mis sur table d'écoute par la
Gendarmerie royale du Canada, puis incendié par des fascistes et
entièrement reconstruit». L'immeuble a été
volé à notre Parti au cours de la crise interne du Parti
de 1990 à 1992, «mais le Parti communiste, lui, a
survécu», a poursuivi Figueroa, «et nous voici ici,
quinze ans plus tard, en train de fêter notre 85ème
anniversaire (...) La vie a prouvé qu'elles se trompaient ces
âmes démoralisées, qui ont abandonné leur
perspective révolutionnaire et ont pensé que le
socialisme et le marxisme étaient morts. Eh bien non, ils ne
sont pas morts. Ils sont vivants et se portent très bien. Ils se
développent à Cuba, au Venezuela et à mesure que
la vague anti-impérialiste balaie l'Amérique latine et
les autres parties du monde aujourd'hui!»
Dans son discours d'ouverture présenté au nom du
Comité exécutif sortant du Parti, Figueroa a poursuivi
l'analyse des questions urgentes qui ont été au centre de
la politique canadienne.
Au sujet de l'intérêt soudain manifesté par le
premier ministre au sujet de l'environnement, Figueroa a rappelé
le discours qu'avait prononcé Stephen Harper en 2002. Il
qualifiait alors l'accord de Kyoto de "machination socialiste visant
à saigner aux quatre veines les pays producteurs de richesse".
Personne ne devrait être dupé de cette "conversion aux
politiques écologiques lorsqu'on est à l'article de la
mort".
Le leader du PCC a lancé un appel à appuyer pleinement
les actions anti-guerre devant avoir lieu le 17 mars dans le monde
entier et a dénoncé le double processus de mondialisation
capitaliste et de militarisation, qui ont
«accéléré l'accumulation de la richesse
entre les mains d'un minorité au dépens de la grande
majorité de l'humanité».
Figueroa a souligné que les atteintes contre les droits
démocratiques et les droits civils, telles que les "listes
d'interdiction de vol" et les emprisonnements entourés de secret
de suspects ayant reçu des «certificats de
sécurité» sont toujours plus nombreuses. «La
lutte pour la défense des droits démocratiques est une
tâche incontournable aujourd'hui car elle fait partie de la lutte
stratégique pour le socialisme», a-t-il affirmé.
Une question a récemment pris un nouveau tournant : le
débat parlementaire sur le statut de Québec. «Cet
événement théâtral bizarre présentait
des aspects à la fois importants et trompeurs», a
affirmé Figueroa. In en a souligné la dimension
remarquable : en effet, presque 140 ans après la
Confédération, le Parlement a finalement dû
reconnaître que le Québec et son peuple constituent une
nation au sein du Canada.
Il a d'autre part relevé le fait que «les partis
fédéralistes bourgeois n'ont pas ménagé
d'efforts pour (...) nier tout droit découlant du statut de
Québec en tant que nation» tel que le droit à
l'autodétermination. Figueroa a déclaré que
puisque le vote du Parlement ne modifie pas la Constitution, le Parti
communiste continuera à exiger la tenue d'une Assemblée
constituante élue ayant pour tâche l'élaboration
d'une nouvelle Constitution qui soit fondée sur une association
égalitaire et volontaire des peuples autochtones, du
Québec et du Canada anglophone.
Relativement aux prochaines élections fédérales,
Figueroa a souligné que 12 mois de gouvernement conservateur ont
confirmé ce que le PCC pensait : il est indispensable de
défaire les conservateurs de Harper au prochaines
élections. Le Parti communiste présentera environ 25
candidats et candidates, et sa campagne se déroulera sous le
thème «Pour une alternative populaire aux politiques des
grandes entreprises, et pour de profonds changements économiques
et politiques».
«Mais les principales luttes», a poursuivi Figueroa,
«continueront d'être menées sur les lieux de
travail, sur la place publique et dans les communautés de ce
pays, c'est-à-dire dans l'arène des luttes
extraparlementaires». Soulignant que les travailleurs/euses sont
prêts à se battre, il a lancé un appel à
redoubler d'efforts afin de dynamiser le mouvement syndical pour que ce
dernier joue un rôle dirigeant dans le cadre de la riposte de
vastes secteurs de la population contre les politiques
néoliberales et guerrières.
Après le discours d'ouverture de Figueroa, les débats
portant sur le document «Projet de résolution»,
diffusé par le Comité central du Parti en octobre
dernier, ont commencé. Des douzaines de
délégués/uées ont pris la parole, traitant
d'une vaste gamme de sujets et présentant une vision d'ensemble
sur la situation internationale et canadienne et passant en revue les
plans du Parti communiste pour la prochaine.
Avant le Congrès les cellules du Parti et les instances
provinciales avaient tenu des réunions pour discuter en
détail du contenu de la Résolution et avaient soumis une
trentaine de propositions d'amendement visant à clarifier ou
à améliorer le document. La plupart de ces amendements
ont été adoptés au cours des débats du
Congrès. Les délégués/uées ont
également adopté un «Plan de travail pour le
parti» détaillé, ainsi qu'une série de
résolutions d'adoption de mesures spéciales sur des
sujets allant des «listes d'interdiction de vol» aux
attaques des conservateurs visant à détruire la
Commission canadienne du blé.
L'un des clous du Congrès a été le discours de
Barbara Jackman, conférencière invitée. Elle est
l'avocate des trois prisonniers ayant des «certificats de
sécurité» qui sont détenus au
pénitencier de Millhaven, situé à Kingston, en
Ontario. Jackman a présenté une analyse saisissante de
ces procédures hautement discriminatoire du point de vue racial.
Elle a souligné le fait que 27 des 31 certificats de
sécurité émis depuis 1992 ont été
attribués à des hommes des communautés
palestinienne, kurde, sikh, tamoule, arabe et musulmane.
Jackman a souligné que dans de tels cas les preuves
présentées sont secrètes et que les juges, surtout
de race blanche, connaissent mal les communautés visées.
L'une des très graves lacunes de ces procédures est la
piètre qualité des décisions rendues. Les agents
du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)
et les ministres de cabinet chargés de porter des accusations
n'ont qu'à déclarer qu'ils ont «des motifs
raisonnables leur permettant de croire» que ces personnes
constituent un danger pour la sécurité. Ils n'ont pas
à invoquer l'existence de «motifs basées sur des
preuves» selon les critères plus stricts qu'exigent les
procédures des autres tribunaux. Jackman affirme qu'il en
résulte que «nous perdons toutes nos causes». Elle a
terminé son exposé en décrivant les terribles
conditions de détention dans lesquelles se trouvent les trois
hommes. Après le discours de Jackman, les
délégués/uées ont adopté une
résolution spéciale dénonçant les
«certificats de sécurité» et exigeant la
tenue de procès justes pour les détenus.
Le second conférencier invité, Ali Mallah,
représentant de l'Alliance canadienne pour la paix (et
vice-président de la Fédération canado-arabe) a
salué et remercié le Parti communiste pour sa
participation continuelle aux activités du mouvement anti-guerre
dans tout le Canada.
Lors d'une des soirées festives, Ernesto Senti, ambassadeur de
Cuba au Canada, a transmis à la foule nombreuse les salutations
chaleureuses du Parti communiste de Cuba et a accueilli avec joie les
bonnes nouvelles sur la convalescence du camarade Fidel Castro.
Ensuite, le co-président du Parti communiste des
États-'Unis, Jarvis Tyner, a dénoncé
l'administration d'extrême-droit de Bush et a mentionné la
riposte croissante de la classe ouvrière, qui a infligé
une dure défaite aux républicains en novembre dernier. Le
soir suivant, John Bachtell, leader du district de l'Illinois du PC des
États-Unis, a rappelé aux
délégués/uées du Congrès certaines
des pages d'histoire que partagent nos deux Partis, ainsi que leurs
luttes communes actuelles pour la paix et la justice sociale.
Le 4 février, les délégués/uées ont
clos le Congrès central en élisant le nouveau
Comité central de 25 membres, qui se distingue par le
pourcentage élevé de membres de la classe ouvrière
et par sa grande diversité. La nouvelle direction comprend des
membres des nations autochtones, des communautés
latino-américaines en croissance, de la Ligue de la jeunesse
communiste et des mouvements de la communauté des lesbiennes,
des gais, des bisexuels/elles et des trans-sexuels/elles (LGBT).
Miguel Figueroa, chef du Parti depuis 1993, a été
réélu à ce poste. Le Comité exécutif
central comprend trois leaders provinciaux du Parti, George Gidora de
Colombie britannique, Darrell Rankin du Manitoba et Liz Rowley de
l'Ontario, le rédacteur en chef du journal «People's
Voice», Kimball Cariou, le militant syndical de Hamilton et
directeur des affaires du «People's Voice» Sam Hammond et
Pierre Fontaine, militant bien connu des syndicats du secteur de la
santé du Québec.
LE
PCQ ET LA SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC
Par Robert Luxley
Bien que nous, le Parti
communiste du
Québec, avons soutenu et avons milité pour
Québec Solidaire dans la
dernière campagne électorale, nous demeurons convaincus
que de proposer
de faire la souveraineté du Québec à l'heure
actuelle constitue une
erreur qui est nuisible au « bien commun » de la grande
majorité de la
population du Québec, à savoir la classe ouvrière.
Nous considérons
néanmoins que les bénéfices que l'unité de
la gauche au Québec procure
en dépit des différences de vue sur cette question sont
actuellement
plus grands que les inconvénients de la division. C'est pourquoi
lors
du congrès de fondation de l'UFP en 2001, nous avons
malgré tout
accepté de nous rallier à la position de la
majorité et de la
respecter, tout en réservant notre opinion.
Depuis, certains semblent
croire que
nous serions devenus indépendantistes depuis qu'au début
de 2005, un
petit groupe de gens incluant le chef de notre Parti, qui avaient
effectivement fini par changer de position, nous ont quitté en
emportant notre enregistrement légal. Or, en
réalité. nous avons
toujours conservé la position que nous avions mise à jour
lors de notre
33ième congrès en 2001.
Nous ne
sommes pas fédéralistes
Au contraire, nous condamnons
le
fédéralisme canadien comme un système politique
conçu historiquement et
précisément pour opprimer et mettre en minorité
les peuples québécois
et canadiens français au Canada. Nous proposons une
réforme de la
constitution au Canada fondée sur l'association égale et
volontaire des
nations, garantissant leur égalité en droit, dont le
droit à
l'autodétermination, c'est-à-dire de se constituer, si
tel est leur
volonté, en états souverains. Cette proposition a pour
but de mettre
fin à l'oppression nationale au Canada et vise justement
à éviter
autant que possible la séparation du Québec et par
conséquent la
division de la classe ouvrière canadienne.
Cette «solution démocratique
à la
question nationale créera des conditions pour préserver
l'unité du
Canada et pour revaloriser la lutte commune de la classe
ouvrière du
Canada contre la domination du capital monopoliste. C'est
précisément
la solution démocratique à la question nationale qui
créera les
conditions nécessaires au renforcement de l'unité des
travailleurs et à
la réalisation par la
classe ouvrière de sa mission historique, le
socialisme.» (William Kashtan, ..., Pour
l'autodétermination du Québec,
plaidoyer marxiste, Éditions Nouvelles Frontières, 1978,
p. 24)
Selon nous, l'intérêt
objectif de la
classe ouvrière au Québec et la tâche qui en
découle présentement est
de prendre la direction de la société,
c'est-à-dire d'enlever le
pouvoir d'état à la classe capitaliste, la bourgeoisie,
et d'instaurer
un nouveau mode de production, un système économique
conçu pour
satisfaire les besoins des gens et non pour que las grandes entreprises
capitalistes accumulent des profits, un système qui mettre fin
à
'exploitation et à l'oppression, à la misère et
à la pauvreté, au
gaspillage des ressources et à la destruction de
l'environnement. Ce
système, c'est le socialisme.
Mais pour réaliser cet
objectif, pour
que la classe ouvrière réussisse à enlever le
pouvoir à la bourgeoisie,
elle doit nécessairement mobiliser et unir toutes ses forces
contre
l'État. Or, les ouvriers et les ouvrières du
Québec et du reste du
Canada forment en réalité une même et unique classe
sociale affrontant
le même État et la même bourgeoisie, et il est donc
stratégiquement
nécessaire que la classe ouvrière devienne unie à
la grandeur du pays,
sans quoi la révolution échouera.
Comme je l'ai dit plus haut, nous ne
sommes pas fédéralistes. Nous nous contentons tout
simplement de
promouvoir la révolution socialiste et nous sommes bien
forcés de le
faire dans l'espace qui a été légué par
l'Histoire, à moins de nous
laisser dévier vers d'autres objectifs. Promouvoir la
séparation du
Québec actuellement implique justement de s'incliner devant les
divisions entretenues par la bourgeoisie et de se laisser
détourner de
la révolution socialiste, le temps de réaliser ce projet
qui est dans
son essence bourgeois. Comme dit Lénine:
«
...ce n'est pas l'affaire du prolétariat de semblables
revendications,
qui se ramènent inévitablement à la revendication
de créer un État de
classe autonome. L'affaire du prolétariat, c'est d'unir plus
étroitement les plus larges masses possibles de toutes les
nationalités, de les unir afin de lutter sur le terrain le plus
large
possible pour la république démocratique et pour le
socialisme. Et si
l'arène politique qui nous est donnée à l'heure
actuelle a été créée,
se maintient et s'élargit au moyen d'une série de
violences
révoltantes, nous devons précisément, pour lutter
efficacement contre
toute forme d'exploitation et d'oppression, non pas éparpiller,
mais
réunir les forces de la classe la plus opprimée et la
plus apte à la
lutte, c'est-à-dire la classe ouvrière.»
Lénine, A propos de manifeste de l'union des
social-démocrates arméniens, O.C., tome 6, p. 335)
Contre
l'oppression nationale, une classe ouvrière unie pour le
socialisme
Nous vivons dans un État
capitaliste
ayant un système politique fédéral, où le
pouvoir est relativement
décentralisé entre un gouvernement central, siège
principal du pouvoir,
et des gouvernements provinciaux qui disposent de pouvoirs importants.
Mais, ce sont tous ces paliers réunis, avec l'armée, la
police et tout
l'appareil de répression qui constituent ce que nous appelons
« l'État
», un État au service de toute la classe capitaliste
à travers le
Canada tout entier, le Québec incluse. La
décentralisation relative de
l'État fédéral canadien permet à la
bourgeoisie de gérer les
contradictions qui existent entre ses différentes sections
nationales
et régionales et, dans une certaine mesure, de préserver
son unité
contre la classe ouvrière au Canada. En même temps, dans
le cadre de la
concurrence qu'elles se livrent, chacune de ces sections de la
bourgeoisie cherche à mobiliser le segment de la classe
ouvrière
qu'elle a sous sa domination directe en appui à sa propre
position, et
contribue ainsi à diviser la classe ouvrière canadienne
sur ces mêmes
bases nationales et régionales. C'est là en grande partie
le secret de
la domination politique de la bourgeoisie au Canada.
Le fédéralisme canadien
doit son
existence à la volonté de la bourgeoisie canadienne,
majoritairement
d'origine britannique au début de la Confédération
parce qu'elle est
issue de la domination coloniale, de conserver sa position dominante.
En effet, les Canadiens français constituant à
l'époque une part trop
importante de la population et la grande majorité au Bas-Canada,
il
aurait été difficile pour la bourgeoisie de mettre sur
pied une
république démocratique centralisée. Elle fit le
compromis plutôt d'un
État fortement décentralisé où elle
s'assurait de sa position dominante
sur le Canada, en permettant aux Canadiens français de ne
disposer du
pouvoir que d'une seule législature provinciale, le
Québec, alors que
les citoyens d'origine britannique conservaient la majorité dans
plusieurs autres provinces (Ontario, Nouveau-Brunswick et
Nouvelle-Écosse au début).
En même temps, paradoxalement,
la
grande autonomie dont le Québec pouvait ainsi jouir permit
à la nation
québécoise non seulement de subsister mais de se
développer en dépit de
l'oppression nationale. Ce «deal» consacré dans
l'Acte de l'Amérique du
Nord britannique a satisfait les élites
québécoises un certain temps.
Mais, dans les années 1930, avec la tentative du gouvernement
fédéral
de mettre sur pied un régime d'assurance-chômage, et
surtout après la
deuxième guerre mondiale, lorsque le gouvernement
fédéral a voulu
développer ce qu'on appela «L'État
providence», cet accord
constitutionnel fut remis en cause, surtout parce que le
fédéral
voulait dépenser dans des programmes de compétence
provinciale.
Au Québec, la réaction
fut le
développement de l'autonomisme de Duplessis, et par la suite
celui du
mouvement indépendantiste. Minoritaire au début et ne
mobilisant
surtout que des éléments de la petite bourgeoisie, le
mouvement
indépendantiste québécois pris de la force
lorsqu'il rallia des
éléments de la bourgeoisie. C'est alors que se
créa un large front
nationaliste qui se concrétisa par la création du Parti
Québécois.
Le Parti Québécois fut
conçu comme un
front uni multi-classiste et national large, et ayant pour mission
première la réalisation de l'indépendance :
«
C'est ce qui
c'est fait en 1968, lors de la constitution du Parti
Québécois. Depuis,
il y a toujours dans le parti diverses tendances, celle plus «
dure »
issue du R.I.N., celle plus évolutive issue du mouvement
Souveraineté-Association, puis aussi celles qui mettent le
social avant
le national, et l'inverse. Mais toutes ces tendances estiment que le
changement s'obtiendra par la prise de conscience des
Québécois
eux-mêmes, dans le respect des institutions et sans recours
à la
violence.... En fait, l'idée d'un parti «
indépendantiste » qui servait
en même temps dans la mouvance d'une social-démocratie
à la scandinave
(ce qui est le maximum de « progressisme » pour une gauche
sérieuse en
contexte nord-américain) tout cela répondait à de
longues nostalgies et
à des aspirations profondes. »
René Lévesque, La
passion du Québec, Éd. Québec-Amérique,
1978)
Évidemment pour ne pas rompre
ce front
uni, il fut nécessaire de l'établir sur la base de
préserver le statu
quo social, pour l'essentiel. A la rigueur, on a pu tolérer au
PQ avant
le premier référendum de 1980 un réformisme et une
social-démocratie à
la scandinave, ce qui ne remettait pas en cause fondamentalement le
statu quo social mais était utile pour mobiliser le peuple
derrière le
projet souverainiste. Cela par conséquent place
nécessairement la base
de ce front uni avant tout en fonction des intérêts de la
bourgeoisie.
C'est dans ce contexte que la gauche réformiste a longtemps
considéré
(et c'est toujours le cas pour une grande partie de cette gauche)
qu'une stratégie par étape était
nécessaire, consistant à reporter les
transformations sociales progressistes après l'acquisition de la
souveraineté. Le mouvement indépendantiste a donc
toujours été en
réalité un mouvement essentiellement bourgeois qui visait
à créer un
État capitaliste québécois disposant de tous les
pouvoirs d'un État
souverain.
Pour faire oublier cette
réalité, les
nationalistes entretiennent toute une mystique autour du mot
«souveraineté». «La souveraineté»
appartient au peuple, elle n'est pas
la propriété d'un seul parti!» proclame-t-on.
L'objectif est de faire
croire qu'au delà de la division de la société en
classes sociales aux
intérêts antagoniques, il est une question qui transcende
toutes les
autres.... la séparation politique du Québec du reste du
Canada, et le
rapatriement de tous les pouvoirs politiques dans les mains du
gouvernement Québécois. Or selon nous, savoir qui est au
pouvoir à
Québec lors du rapatriement de tous les pouvoirs n'est pas qu'un
simple
détail : la réalité étant qu'une fois que
le peuple aura exercé sa
souveraineté après d'un référendum, ce sont
ceux à qui les pouvoirs
auront été finalement délégués au
parlement de Québec, bref le parti
qui forme le gouvernement, qui vont réellement exercer la
souveraineté
ensuite. La souveraineté appartiendra donc à la classe
sociale que
représentera le parti au pouvoir.
Le projet péquiste ne vise pas
d'ailleurs à éliminer l'oppression nationale subie par le
peuple. En
fait, la bourgeoisie doit s'appuyer sur la résistance du peuple
québécois contre cette oppression pour le mobiliser
derrière son
projet. Mais en réalité, elle peut très bien
s'accommoder de ses
principales manifestations, particulièrement celles qui
donneraient au
Québec un avantage concurrentiel. Le mouvement du peuple
québécois
luttant contre l'oppression nationale et le mouvement
indépendantiste
sont deux choses distinctes. Le fait que les deux se confondent
jusqu'à
présent vient du fait que le mouvement du peuple contre
l'oppression
nationale n'a pu s'affranchir encore aujourd'hui de jour de la
direction politique de la bourgeoisie et que la classe ouvrière
n'a pas
encore réussi à en prendre la direction politique. Or,
c'est justement
le développement de l'unité révolutionnaire de la
classe ouvrière au
Canada qui l'amènera à prendre la direction politique de
la résistance
du peuple québécois.....
La souveraineté péquiste
Le PQ, comme la gauche de Québec Solidaire, ne voit dans la
souveraineté qu'un instrument, un moyen de réaliser son
projet de société. Mais quel est ce projet? -
Presque tous, sauf ceux qui ne veulent pas voir, savent de nos jours
que le PQ a abandonné depuis longtemps la
social-démocratie. Aussi je ne m'étendrai pas
là-dessus. Mais c'est dans sa vision du rapport du Québec
avec les États-Unis que le projet du PQ est le plus
menaçant pour la classe ouvrière et le peuple
québécois. En effet, c'est la politique délibérée
du PQ de s'inféoder davantage à la domination
américaine.
Précurseur de l'ALENA, le PQ souhaitait dès le milieu des
années 70 que le Canada et les États-Unis finissent par
créer une zone nord-américaine de libre échange.
Le PQ pensait que le Québec y gagnerait beaucoup dans plusieurs
secteurs économiques : «L'économie
québécoise est très dépendant du commerce
international et son développement repose largement sur ses
capacités d'exporter. Le gouvernement du Québec attache
donc énormément d'importance à la
spécialisation et à la compétitivité des
entreprises. Le Québec appuie une libéralisation plus
grands des échanges dans certains secteurs déjà
concurrentiels mais ces réductions (des contrôles,
n.d.r.l.) doivent se faire graduellement et de façon
ordonnée.» (Bâtir le Québec,
Énoncé de politique économique du gouvernement
péquiste, 1979).
Le PQ représente particulièrement les
intérêts des PME, «contrôlées
en très grand nombre par des Québécois»
(Bâtir le Québec, ...). Cette bourgeoisie n'est pas
nécessairement arrivée au stade de l'exportation des
capitaux et prévoit son développement surtout dans
l'exportation de ses marchandises. Elle espère se faire une
place sur le marché américain dans le cadre d'une
économie plus intégrée avec les États-Unis.
Cette section de la bourgeoisie se considère mal servie par les
politiques fédérales qu'elle trouve trop
protectionnistes, particulièrement à l'époque de
P.E.Trudeau: « Somme toute,
même si la politique national (c.a.d. fédérale,
n.d.l.r.) a bénéficié au Québec au tout
début du siècle, elle a ultérieurement eu pour
effet de centraliser le développement industriel en Ontario.
Cette politique a, en outre, rendu l'industrie secondaire
québécoise peu efficace, fragile et peu
innovatrice». (Bâtir le Québec, ...)
Conséquent avec cette orientation d'intégration avec les
USA, le PQ envisageait même en 1979 de favoriser une sorte de
sous-traitance nationale: « Le
gouvernement envisage sérieusement l'implantation dans la
région de Montréal d'une bourse de sous-traitance,
c'est-à-dire d'un intermédiaire pouvant mettre en
relation les entreprises «passeurs d'ordres» et les PME
québécoises.» (Bâtir le
Québec,...). Le PQ proposait aussi dans cet énoncé
de politiques économiques, et ce dès 1979, d'adopter tous
les credo néo-libéraux, compressions budgétaires
dans les services publics, déréglementation, etc.. On
sait que par la suite, le PQ a appuyé directement le Parti
conservateur de Mulroney. Or, plus qu'un appui électoral, les
Jaques Parizeau, Bernard Landry, et autres ténors
péquistes ont fait campagne en faveur de l'ALENA.
Bref, un Québec souverain sous la houlette du PQ, risque fort
d'adapter ses politiques selon le modèle des États-Unis.
Dans un certain sens, la souveraineté formelle acquise de la
séparation du Canada serait utilisé aussitôt pour
en abdiquer en soumettant davantage le Québec à la
domination de l'impérialisme américain. Dans ce sens le
projet péquiste est réactionnaire parce qu'il
contribuerait au renforcement de la plus grande et belliqueuse
puissance impérialiste et il est par conséquent
opposé à l'intérêt général de
la classe ouvrière et des peuples opprimés dans le monde.
Le projet social de Québec Solidaire vise au contraire à
rompre avec le néo-libéralisme et la mondialisation. Il
vise à nous soustraire à la domination américaine
et non nous y soumettre davantage. Selon Québec Solidaire, la
souveraineté est un instrument nécessaire pour
réaliser son projet de société, qui se veut le
contraire du projet péquiste. Québec Solidaire soutient
que la souveraineté et son projet de société sont
intimement liés. Mais en même temps, tous ont pu constater
que Québec Solidaire traite volontiers la question de la
souveraineté non seulement comme un instrument, mais bien
souvent comme un but, en lui-même, un objectif souhaitable,
séparée du reste du programme. Même, on se
présente souvent avant tout comme un parti
«souverainiste», alors qu'il nous semble que l'emphase
devrait surtout porter sur le projet «socialiste». On
envisage par exemple de possibles alliances avec le PQ pour atteindre
l'objectif de la souveraineté, de se considérer dans une
même grande famille souverainiste, etc.
Mais, ce faisant, Québec Solidaire ne se nie-t-il pas
lui-même? Car l'acte de naissance de Québec Solidaire et
de ses prédécesseurs (RAP, UFP), consistait
précisément à rompre enfin avec la
stratégie par étape ou la gauche abdiquait
continuellement de son programme au profit d'un large front national de
collaboration de classe pour atteindre la souveraineté. Or
envisager de faire la souveraineté du Québec avec le PQ
au pouvoir (ou une autre force bourgeoise éventuellement),
n'est-ce pas précisément revenir par la porte d'en
arrière à la stratégie en étapes en mettant
de côté son programme socialiste (ou
social-démocrate)? N'est-ce pas s'éloigner de son
programme dans la mesure où ça implique dans les faits de
cautionner le renforcement de la domination impérialiste
américaine sur le Québec et même sur le reste du
Canada?
Avec qui doit-on chercher alliance?
L'intérêt de la classe
ouvrière du Québec n'est pas de s'allier à sa
bourgeoisie pour lui permettre de conquérir la plénitude
des pouvoirs. Son intérêt est de faire le socialisme et
d'entraîner dans ce mouvement le maximum de forces
ouvrières pour prendre le pouvoir elle-même. Dans la
question nationale, nous, communistes, considérons avant tout
l'intérêt de la lutte de la classe ouvrière pour le
socialisme, non seulement du point de vue de la classe ouvrière
de la nation opprimée, mais de la classe ouvrière
internationale. A cette fin, nous recherchons surtout la paix nationale
et le meilleur contexte favorisant l'unité de la classe
ouvrière pour la lutte de classe et pour le socialisme. Cette
paix nationale ne saurait être assurée que par la
démocratie la plus large et par l'égalité des
nations en droit. L'inégalité et l'oppression nationale
ont pour effet de diviser la classe ouvrière, de soumettre
celle-ci à la politique (de) sa bourgeoisie nationale et par
conséquent d'entraver la lutte pour le socialisme. Les
communistes des nations dominantes doivent pour contrer cette division
et pour permettre l'unité de la classe ouvrière
défendre inconditionnellement le droit des nations
opprimées quant à eux « doivent défendre au premier
chef l'unité et l'alliance des ouvriers des nations
opprimées avec ceux des nations oppressives, sinon ces »
communistes «
deviendront les alliés de telle ou telle bourgeoisie national,
toujours prête à trahir les intérêts du
peuple et de la démocratie, toujours prête, pour sa part,
à annexer et opprimer d'autres nations ».
(Lénine, Le prolétariat révolutionnaire et le
droit des nations à disposer d'elles-mêmes, O.C. tome 21,
p 424).
A notre point de vue, même si le PQ et Québec Solidaire
n'ont pas exactement le même but final, il demeure qu'à
l'heure actuelle, que les deux partagent bon nombre d'objectifs
progressistes, notamment le soutien des revendications ouvrières
et populaires. Ces revendications sont très souvent
partagées par les organisations ouvrières dans le reste
du Canada. La lutte pour la sauvegarde de notre système public
de santé se déroule à travers le pays.
L'accès au logement va de même. Même, peut-on
convenir que la reconnaissance du droit du Québec à
l'autodétermination nationale exige (non pas légalement
mais politiquement) le soutien de la classe ouvrière au Canada?
Pour renforcer ses positions progressistes, Québec Solidaire
selon nous doit chercher à développer les liens de
solidarité de classe à travers le Canada, et prendre ses
distances avec les positions nationalistes étroites et ne
garantir aucun soutien à la bourgeoisie
québécoise. Dans ce sens, nous trouvions que la position
que présentait Option Citoyenne à ses débuts
était supérieure à celle que Québec
Solidaire a fini par adopter, parce qu'il y avait plus d'ouverture
à diverses options et que la position n'était
fermée sur la souveraineté du Québec. Même
si la classe ouvrière canadienne n'a pas aujourd'hui de position
solidaire de reconnaissance du droit du Québec à
l'autodétermination, c'est une position qu'il faut construire.
Il n'en tient qu'à nous de lutter contre la division que nos
ennemis alimentent.