1.
La
direction du Parti communiste examine les défis que la classe
ouvrière canadienne devra relever en 2008
Rapport
de la
Réunion cu Comité central du Parti communiste du Canada
tenue le 8 et le 9 décembre 2007
Si,
le plus souvent, le
tourbillon d'activités politiques
ralentit en décembre, ce n'est sûrement pas le cas cette
année. Tous les regards du monde étaient tournés
vers le Venezuela et vers la Russie le 2 décembre, puis vers
Bali, où la Conférence des Nations Unies sur les
changements climatiques allait débuter le lendemain. Ici
même, au Canada, les principales nouvelles portaient sur les
témoignages qui devaient avoir lieu à Ottawa relativement
au scandale impliquant Karlheinz Schreiber, et, le 7 et le 8
décembre, sur la Réunion du Conseil des
Travailleurs Canadiens de l’automobile à Toronto,
où la direction du syndicat avait adopté l’entente
controversée avec l’entreprise Magna, malgré l'opposition
farouche qui s’est manifestée tout au long d'une journée
entière de débats.
Vers
la même
période, durant la fin de semaine du 8 et du
9 décembre, le Comité central (CC) du Parti communiste du
Canada (PCC) a
tenu sa seconde réunion de 2007. Les membres du CC ont
également
fêté le 90ème anniversaire de la Grande
révolution socialiste d’Octobre 1917 dans la grande salle du
Syndicat des métallos de Toronto.
La
réunion du
Comité central a débuté par
le rapport sur la situation internationale et nationale, qui a
été présenté par le leader du Parti, Miguel
Figueroa. Ce document fait ressortir les récents
événements survenus dans le cadre des luttes de classe
tels que les mouvements de grève
généralisée en France et en Égypte, et
que
la victoire de la campagne électorale menée en Australie
qui a défait le premier ministre de droite
John
Howard.
Miguel
Figueroa a
souligné le fait que ces
évènements surviennent dans un contexte de graves
bouleversements au sein de l’économie des États-Unis, qui
ont des répercussions dans le reste du monde.
«La
crise des
liquidités survenue en août aux
États-Unis a d’abord été qualifiée
de
phénomène limité au
marché local des hypothèques», a rappelé
Figueroa. Mais
les pertes ues à la contraction du
crédit ont été évaluées
à plus de 500 milliards de dollars, et le
nombre de maisons saisies aux États-Unis a grimpé
rapidement. Le statut du dollar états-unien continue de
décliner et «l’arrivée d’une crise et d’une
récession d’une certaine ampleur semble inévitable.»
Abordant
la situation au
Moyen-Orient, Figueroa a prévenu que les récentes
négociations de paix ne seront fructueuses que
si les conditions assurant une paix juste et
durable seront instaurées dans la
région, entre autres le retrait
d’Israël de tous les territoires occupés,
le démantèlement du "mur
de l’Apartheid" et des
colonies d’Israël en Cisjordanie et
dans la Bande
de Gaza; la
libération des prisonniers politiques
palestiniens; le droit de retour des populations
déplacées depuis 1948; la
restitution de la partie Est de Jérusalem
ou l’établissement d’une
«ville ouverte» ayant une administration
conjointe; et
d’autres mesures permettant l’existence
d’une Palestine viable, véritablement indépendante et
souveraine.
Lançant
un appel
à la solidarité avec le people
palestinien, Figueroa a souligné
que
«nous devons exiger que le dur virage
pro-israélien que la politique étrangère
canadienne a subi soit renversé».
Au
sujet des troubles
politiques qui secouent le Pakistan, Figueroa a indiqué
que le Parti communiste
appuie les revendications des
forces progressistes
de ce pays pour
la pleine restauration des droits
démocratiques et pour la tenue d'élections vraiment
libres.
Figueroa a
présenté les grandes lignes de la situation
complexe de la Russie. Le parti «Russie unie»
de Poutine a manipulé
les élections du 2 décembre,
obtenant
ainsi plus de 64% des votes et 315
sièges à la Douma. Le Parti communiste de la
Fédération de Russie s’est classé deuxième
avec 11,6% des votes.
Le
régime de Poutine, a
dit Figueroa, «représente
surtout les secteurs dominants de la bourgeoisie
russe, qui ont constitué leurs
fortunes en pillant les biens du peuple
après le renversement du
socialisme». Le gouvernement, a-t-il
continué, «essaie, d’une part,
d'être admis dans les
cercles
impérialistes et, d’autre part, de s’opposer
à ce qu’il considère,
avec
raison, être les
visées hégémonistes
des États-Unis sur la Russie ».
Au
Venezuela, a poursuivi
Figueroa, par un résultat très serrés du
referendum sur les amendements constitutionnels du 2 décembre,
la Révolution bolivarienne a subi un revers mais nullement une
"blessure mortelle", contrairement à ce que prétend
l’impérialisme états-unien. Le gouvernement proposait
l’adoption d’une vaste série de mesures constitutionnelles
progressistes, entre autres, la gratuité et
l’universalité de l’éducation universitaire, la
diminution de la semaine de travail à 36 heures et
l’accroissement de l’importance des instances de «pouvoir
populaire» basées sur la communauté et sur les
«conseils de travailleurs».
Les
résultats, a-t-il
affirmé, «confirment l’analyse du
Parti communiste du Venezuela» (PCV), qui
a fourni un grand appui à
la campagne du «Oui», tout en
prévenant que certaines propositions
étaient
mal formulées. Selon le PCV, la
Révolution bolivarienne se trouve actuellement
à une étape
principalement démocratique et
anti-impérialiste.
Au
sujet de la conjoncture du pays,
Figueroa a
signalé que le Canada sera
durement frappé par la crise généralisée
que connaît l'économie états-unienne,
«particulièrement dans le
secteur manufacturier, qui
chancelle sous le coup de la
désindustrialisation des
dernières années». Depuis 2002,
presque 300 000 emplois
dans ce secteur ont disparu.
Alors
que les taux officiels
de chômage restent bas et que les
exportations de marchandises augmentent, at- il dit,
la chute de l'indice
composite de dix importants indicateurs
économiques depuis le début de
l'année 2007 annonce des temps
difficiles. La plupart des nouveaux postes
vacants ont trait à des emplois
mal rémunérés, temporaires
et à temps partiel, et
l'écart entre, d'une
part, les riches et, d'autre part les
travailleuses/eurs et les pauvres du Canada
s'accroît rapidement.
Figueroa
a souligné le
fait que la croissance
phénoménale du secteur énergétique
dans l'Ouest du Canada aura «des
conséquences très profondes et
à long terme»
sur les régions affectées,
sur
l'économie du pays et sur
l'environnement. Cette
question sera le sujet principal d'un
rapport spécial qui sera
étudié à la prochaine réunion
du
Comité central, qui devrait avoir
lieu au printemps 2008.
En
ce qui concerne la
conjoncture politique
fédérale, Figueroa a signalé le fait
que «de nombreux
facteurs ont changé depuis
octobre» et que «dans le cercle
intime de Harper
tout air de supériorité a
disparu». Le scandale Schreiber/Mulroney
s’ajoute
aux bilans catastrophiques des
conservateurs relativement à
l’environnement, à la “mission”
militaire en Afghanistan qui
n'avance pas, aux indices
qui montrent le
développement de la pauvreté, la perte
d’emplois dans le
secteur manufacturier, la
détérioration de l’infrastructure
urbaine, alors que les profits des grandes
entreprises montent et s'affaissent comme les
vagues d'une mer houleuse. Tels sont
quelques-uns des facteurs qui ont
placé les conservateur sur la
défensive».
Dans
son rapport, Figueroa
dénonce avec véhémence
les manifestations croissantes de racisme et de xénophobie
dans
l'ensemble du pays, et, entre autres, le
tollé préparé de toutes
pièces sur le
vote des femmes voilées et le
débat sur les "accommodements raisonnables"
au Québec, qui est devenu
une tribune pour des personnes
intolérantes.
Une partie essentielle du
rapport du Comité central est
consacrée à la situation
du mouvement ouvrier
et syndical, a été
présentée par Sam Hammond,
président de
la Commission syndicale du Parti (Voir des
extraits de la page 6). Elle qualifie
l'entente signée par la direction
des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA)
avec l'entreprise Magna
Corp. d'«entente qui abandonne
le droit de grève et qui remplace
le système de représentation des
travailleurs par eux-mêmes, basé
sur la confrontation et propre à la
tradition militante indépendante, par le
système de
partenariat au sein de l'entreprise, basé sur l'efficacité,
la
productivité et la collaboration entre les
deux parties qui s'engagent à suivre le
programme de l'entreprise».
Dans
son rapport, Hammond
souligne avec joie le fait qu'au cours
du récent Congrès
de la Fédération des travailleuses/eurs
de
l'Ontario, de profonds débats ont eu
lieu au sein du mouvement ouvrier et syndical,
et le fait que le «Caucus pour
l'action», de gauche,. a augmenté son
influence. Encourageant les syndicalistes
communistes et de gauche à développer et
la mobilisation, et le
programme relativement à d'autres
stratégies pour les travailleuses/eurs,
Hammond a
déclaré que les négociations de
2008 entre les TCA et les Trois grands
fabricants d'automobiles constitueront un
test crucial sur l'unité de
la classe ouvrière, qui est
engagée dans la
lutte totale contre les concessions.
Le
rapport principal s'est
terminé par une vue d'ensemble sur
toute cette année de travail consacrée
à la construction du Parti
communiste. Il
souligne l'augmentation des demandes d'adhésion
reçues par courriel, et la fondation
de plusieurs
nouvelles cellules du Parti. Figueroa a
insisté sur le fait que «nous devons
considérer la croissance du Parti comme
étant la tâche la plus
essentielle» pour l'avancement des
luttes de classe et des luttes
démocratiques.
Il a présenté le plan de
la campagne en vue du
recrutement, de l'accroissement du tirage, de la
diffusion et de la vente
des publications du Parti, de l'amélioration de son
site Internet et de la
préparation aux élections
fédérales si attendues en 2008.
La campagne publique «Jetons les
conservateurs de Harper dehors!»,
lancée
par le Parti, se poursuivra en 2008,
et de nouveaux
matériaux publicitaires seront produits
à cet effet en janvier.
Au
cours des deux
journées de réunion du
Comité central, les 25 membres
de ce dernier ont tenu
des débats approfondis sur
le rapport présenté, particulièrement
sur la
situation internationale et sur les
développements au sein du mouvement ouvrier et
syndical. Le rapport a
été adopté unanimement,
ce qui
reflète le niveau élevé
d'unité qui existe au sein du Parti sur
les défis
cruciaux auxquels font face la classe
ouvrière et les mouvements démocratiques.
Un autre rapport crucial a
été présenté au
Comité central par
Johan Boyden, dirigeant de la Ligue
de la jeunesse communiste (LJC) sur
le mouvement de la jeunesse et
sur la LJC. Le Congrès central
de 2007 du Parti a accordé une
grande priorité au travail
de construire la LJC et à l'aide que les
camarades doivent y
consacrer. La LJC poursuit le recrutement de
membres et fonde de
nouvelles cellules dans tout le Canada.
Boyden a souligné le
rôle grandissant que joue la
LJC au sein du
mouvement étudiant et de celui
des jeunes travailleuses/eurs,
entre autre dans le cadre des
campagnes pour
l'augmentation du salaire minimum et dans la
lutte militante et
déterminée que mènent les
étudiants du
Québec contre l'augmentation des frais
de
scolarité.
2.
Opposons-nous
à la campagne raciste contre les immigrantes/ants
Projet de résolution spéciale - Comité
central,
Parti communiste du Canada, le 8 et le 9 décembre 2007
Le Comité central du Parti communiste du Canada et le
Comité exécutif national du Parti communiste du
Québec sont profondément inquiets des récentes
tentatives visant à susciter un climat de racisme et de haine
contre les immigrantes/ants à travers le Canada. Plusieurs
manifestations de cette campagne raciste se sont produites durant les
récentes audiences de la Commission sur les "accommodements
raisonnables" au Québec, dans l’affaire fabriquée de
toute pièce concernant le vote de musulmanes et aussi lorsque
qu’une minorité d’officiels de sports amateurs ont voulu bannir
des athlètes qui portent un voile sur la tête pour des
raisons religieuses.
De plus en plus, des points de vue racistes et hostiles aux
immigrantes/ants
sont mis de l’avant déguisés en défense du
sécularisme et du droit des femmes à
l'égalité. En vérité, de telles positions
ne servent qu'à isoler et à marginaliser les groupes
minoritaires, incluant les femmes de couleur, qu’on prétend
protéger, en essayant de leur imposer les valeurs culturelles
soi-disant supérieures de la majorité de la
société. Par exemple, aucun groupe musulman n'a
demandé que des femmes voilées aient le droit de voter
sans montrer leur visage (un droit existant déjà pour les
Canadiennes qui peuvent voter par correspondance). Mais ce faux
"problème" est utilisé pour cacher le véritable
scandale à l’effet que les changements réalisés au
cours des dernières années en matière de
procédures et de règlements électoraux (tels que
l'exigence nouvelle de montrer une pièce d'identité
comprenant une photo et une adresse) ont créé une crise
telle qu’un nombre pouvant aller jusqu'à un million de
Canadiennes et de Canadiens pourraient ne pas pouvoir voter si des
élections fédérales étaient
déclenchées aujourd'hui. De même, il n’y a aucune
raison logique de prétendre que le port d’un foulard sur la
tête présenterait un quelconque danger pour des joueuses
de «soccer» ou pour d'autres types d'athlètes et il
n’existe aucun règlement contre cela dans la plupart des sports.
Mais néanmoins, quelques arbitres et quelques juges de
compétitions sportives ont quand même décidé
de leur propre chef, de promouvoir la haine et les divisions en
expulsant arbitrairement des compétitions les athlètes
musulmanes.
Au Québec, le besoin urgent de dialogue à propos du
racisme et du sexisme a été utilisé à
mauvais escient par certaines/ains participantes/ants dans le cours des
évènements autour de la Commission sur les
"accommodements raisonnables", en faisant la promotion de concepts
racistes selon lesquels les groupes minoritaires prétendument
"arriérés" comme les Musulmans devraient adopter la
"culture de la majorité (blanche occidentale)" et
avançant l'idée fausse que la "raison" serait une
propriété de l'État. En faisant du soi-disant
"problème" d’un petit nombre de femmes voilées un objet
de préoccupation, on détourne l'attention de l’influence
perverse du racisme et du sexisme à travers toute la
société. Les médias anglophones du Canada ont
profité de ces manifestations de racisme au Québec, pour
répandre l’idée erronée que l'idéologie
raciste serait un problème exclusif du Québec
considéré "arriéré". En fait le racisme
existe bien ailleurs qu'au Québec. Soulignons par exemple cette
réalité qui existe de longue date à travers tout
le Canada de brutalité policière contre les peuples
autochtones et contre les immigrantes/ants, ainsi que la
nonreconnaissance des droits nationaux des peuples autochtones.
Le Parti communiste du Canada a de quoi être fier de sa longue
histoire de lutte pour la séparation de l'Église et de
l'État ainsi que pour sa position selon laquelle les fonds
publics ne devraient pas être utilisés pour subventionner
des systèmes d'écoles religieuses privées. Nous
luttons pour des politiques qui permettent une plus grande inclusion et
l’égalité au sein de la société canadienne
des minorités opprimées et des femmes et nous nous
portons à la défense de leurs droits. Nous
considérons la montée de forces racistes et
anti-immigrantes comme un phénomène extrêmement
dangereux, qui ne peut que diviser les travailleuses/eurs et affaiblir
notre résistance collective face aux attaques dirigées
par les grandes entreprises contre les programmes sociaux et les droits
à l'égalité. Au lieu de promouvoir
l'égalité, les attaques contre la décision
personnelle prise par certaines femmes de porter un foulard, un voile
ou d'autres symboles religieux permettent davantage aux forces
impérialistes de promouvoir la guerre et la
répression.
Le Parti communiste du Canada et le Parti communiste du Québec
presse le mouvement syndical et toutes les forces progressistes et
démocratiques pour qu'ils organisent une campagne puissante et
unifiée permettant de s'opposer à la campagne
hystérique de haine et pour qu'ils exigent plutôt une
action urgente afin de combattre les problèmes pressants de
pauvreté, de violence, de criminalisation et de racisme auxquels
font face les groupes minoritaires et les femmes de
couleur au Canada aujourd'hui.
3. Le
PCQ en quelques mots
R
4. Éditorial: LES MESQUINERIES De HARPER
Éditorial de
l’édition du 16-31 janvier 2008
du People’s Voice
Le « programme de soutien aux industries en difficulté » de Stephen Harper est une manoeuvre politique et non un effort sérieux de s’attaquer
à la crise du secteur
manufacturier au Canada ainsi
qu’à la perte de centaines de milliers d’emplois. Si Harper se souciait vraiment des pertes d’emplois dans les villes monoindustrielles, il agirait dès maintenant plutôt que de conditionner ce fonds d’aide d’un milliard de dollars à
l’adoption de son prochain
budget fédéral et
plutôt que de l’étirer sur une période de trois ans. Les surplus
budgétaires de
plusieurs milliards d’Ottawa doivent
être utilisés immédiatement pour résoudre la crise plutôt
que d’attendre encore pendant
plusieurs mois.
En fait, ces surplus budgétaires fédéraux ont été pris directement
dans les poches de la
génération précédente de la classe ouvrière au Canada. Les gouvernements conservateurs et
libéraux qui se sont
succédés au Parlement ont rendu de plus en plus difficile pour les travailleuses et les travailleurs
mis au chômage de
pouvoir bénéficier
de l’assurance-chômage, au
point où maintenant moins de 40% d’entre eux réussissent à
être éligibles pour
recevoir des prestations. Les surplus
de plus de 50 milliards de dollars
alors accumulés dans le fonds de l’assurance-chômage ont
été
transférés dans
les revenus généraux du gouvernement, lui permettant ainsi de donner aux riches d’énormes
réductions d’impôt
pendant que les programmes sociaux
eux, étaient coupés.
Regardons seulement l’industrie forestière. Durant les neuf premiers mois de 2007, il y a eu 6 559
travailleuses et travailleurs
mis-à-pied et 54 moulins
fermés. Cette industrie qui emploie directement plus de 300 000 personnes a été
dévastée par la baisse du marché américain et la
hausse du dollar canadien.
L’accord sur le bois d’oeuvre
a déjà fait perdre 1,5 milliard de dollars et 10 000 emplois aux
communautés dépendantes
de cette industrie. Un
milliard de dollars restera donc
bien insuffisant pour compenser les pertes subies par les travailleuses et les travailleurs forestiers.
Au contraire, le Canada a besoin de politiques pour
satisfaire les besoins du
peuple ; il a besoin d’en finir avec l’ « intégration continentale
» sous la domination
des États-Unis ; il a besoin de mesures urgentes en vue de protéger et de développer
les industries productrices
de marchandises, les pierres
angulaires de notre économie ; il a besoin d’une législation empêchant les fermetures d’usines et
les mises-à-pied
massives.
Le groupe trotskiste ultranationaliste des Parizionnistes Comiques du
Québec, le soi-disant PCQ, n’est pas toujours drôle.
Durant les débats sur les accommodements raisonnables, son
premier administrateur, rédacteur en chef, président,
directeur général et grand chef suprême,
anciennement communiste, y est allé de plusieurs commentaires
racistes publiés sur leur site web. Selon lui, les
accommodements raisonnables « ça n’a plus d’allure
», il ne les trouve pas raisonnables du tout.
Voyant une menace pour la nation dans les coutumes et pratiques
religieuses des minorités et des immigrantses, le chef Parizeau
a critiqué les Libéraux et le PQ de ne pas mettre leurs
culottes assez vite et l’ADQ de les mettre uniquement par opportunisme
électoral. Cherchant à être reconnu dans les
milieux souverainistes comme un nationaliste pur et dur, il a aussi
critiqué Bernard Rioux du périodique électronique
souverainiste Presse-toi à gauche d’être trop prudent et
réservé dans ses commentaires sur la question, comme
toute la gauche en général qu’il a accusé d’avoir
trop de scrupules à se prononcer catégoriquement contre
les accommodements qui selon lui mettent en danger les valeurs
québécoises, en particulier la laïcité des
institutions et l’égalité des hommes et des femmes.
Mais où sa dérive ultranationaliste s’est le mieux
illustrée c’est lorsqu’il a attaqué notre
dénonciation de la campagne raciste autour de la question du
droit de vote des femmes voilées contre lequel il s’insurge
férocement au nom de la défense des lois du Québec
et contre les lois fédérales. Attaquant du même
souffle le Parti communiste révolutionnaire pour avoir
rappelé la nécessité pour les
révolutionnaires de défendre l’unité de la classe
ouvrière, Parizeau ne se sent pas du tout mal à l’aise du
fait de se retrouver pourtant dans le même lisier que l'ADQ ou le
groupe néo-nazi «Aryan Guard» qui manifestait
Dimanche le 14 octobre 2007 sur les marches de l'Hôtel de ville
de Calgary contre le droit de vote des femmes voilées.
Des membres de la communauté musulmane ont à juste titre
dénoncé le racisme de Parizeau auprès de
Québec Solidaire, rappelant qu’il fut malheureusement un de ses
candidats lors des dernières élections
québécoises. L’opportunisme crasse à la base de sa
soudaine conversion nationaliste en 2004 n’a sûrement pas fini de
l’amener dans des dérives spectaculaires.
Sommaire
6.
Invalidation de la Loi
30 au Québec:
LE GOUVERNEMENT VA EN APPEL
Le gouvernement Charest a
décidé de porter en appel la
décision de la juge Claudine Roy de la Cour Supérieure du
Québec qui
annulait une décision de la Commission des relations du travail
du 23
mars 2005 lui donnant raison concernant sa loi 30, qui annulait «
toutes les ordonnances et décisions rendues après cette
date en
application de cette loi et concernant les nouvelles unités de
négociation », et
déclarait «
inconstitutionnelle et invalide la Loi concernant
les unités de négociation dans le secteur des affaires
sociales et
modifiant la Loi sur le régime de négociation des
conventions
collectives dans les secteurs public et parapublic.
S’appuyant sur la décision de
la Cour Suprême du Canada de juin 2007, dans l'arrêt Health Services and
Support - Facilities Subsector Bargaining Assn. c.
Colombie-Britannique,
la juge Roy conclut que « la Loi
constitue une ingérence de l'État dans la
négociation collective, puisqu'elle ne permet plus aux
employés qui le désirent de s'unir, comme bon leur
semble, pour former une association qui veillera sur ce qu'ils
considèrent être des intérêts communs et
parfois, force même l'union entre salariés qui ont des
intérêts opposés. »
Comme nous l’avions indiqué
dans les pages de Clarté, la juge stipule que « le
législateur utilise sa
logique organisationnelle
(nous soulignons) dans la composition des unités de
négociation. Mais
les associations et les unités de négociation n'existent
d'abord et
avant tout pour structurer les négociations des conditions de
travail
et non pour permettre aux employeurs de structurer les associations
selon leur logique organisationnelle. Le meilleur exemple pour
illustrer ce propos est la jonction dans une même unité de
négociation
des infirmières et des infirmières auxiliaires. Alors que
l'employeur
préfère les unir puisqu'elles travaillent au sein des
mêmes équipes
pour s'occuper des patients, elles s'opposent sur plusieurs questions
relativement à leurs conditions de travail. »
Le gouvernement avait plaidé
que selon lui, l’atteinte au droit d’association était minimale.
Mais «
Le Tribunal est d'avis contraire : l'atteinte n'est pas minimale.
L'ampleur des mesures législatives dépasse les objectifs
visés. Tout
comme la Cour suprême dans Health Services, le Tribunal est
d'avis ici
que « [c]e projet de loi représentait une importante
mesure législative
dans le domaine du travail. Il était susceptible d'avoir un
effet
dramatique et exceptionnel sur les droits des employés. Pourtant
le
gouvernement l'a adopté en sachant parfaitement que les
syndicats
s'opposaient fortement à de nombreuses dispositions de ce
projet, sans
envisager d'autres moyens qui lui auraient permis d'atteindre son
objectif et sans expliquer ses choix. La Loi n'est pas soigneusement
conçue pour atteindre les objectifs tout en empiétant le
moins possible
sur la liberté d'association.
» La juge en concluait que : «
• plusieurs dispositions de la Loi constituent une ingérence
substantielle dans le processus de négociation des conventions
collectives et influencent le droit à une négociation
collective menée
de bonne foi; • l'atteinte à la liberté d'association
n'est pas juste
et raisonnable dans une
société libre et démocratique.
» (Nous soulignons)
Au même effet, concernant la
négociation de 26 matières de la
convention collective que le gouvernement avait
référé d’autorité au
niveau local, la juge déclarait : «
Même si les parties pouvaient en convenir autrement, pratiquement
parlant, avant l'adoption de la Loi, tous les sujets d'importance
étaient négociés à l'échelle de la
province. La Loi oblige maintenant
les parties aux conventions collectives à négocier 26
sujets à
l'échelle locale. La réorganisation de la
négociation à l'échelle
locale oblige les syndicats à former des agents
négociateurs et à
repenser leurs méthodes de négociation. Imposer le niveau
de
négociation sur certains sujets constitue une ingérence
de l'État dans
la négociation collective. De l'avis du Tribunal,
l'ingérence est
substantielle : elle est importante et influence le droit à une
négociation collective menée de bonne foi. Dans Health
Services, la
Cour suprême du Canada se réfère à une
étude doctrinale pour cerner le
contenu des protections du droit international. Cette étude
indique que
le niveau des négociations ne doit pas être imposé
unilatéralement par
la législation et que les limitations au contenu des
négociations
collectives futures ne sont admissibles, après consultations des
personnes impliquées, qu'à titre exceptionnel et pour une
durée
limitée. »
La juge Roy suspendait l'effet de son
jugement pour une période de 18
mois, afin de permettre au gouvernement de rajuster le tir et de se
conformer à la Charte des droits. Mais plutôt que
d’accepter
l’invitation des syndicats de négocier de bonne foi, le
gouvernement a
préféré porter le jugement en appel, question
d’étirer le temps où il
pourra maintenir des centaines de milliers de travailleuses et de
travailleurs sous le joug d’une loi déclarée par la Cour
«
anti-démocratique » et considérée par
l’Organisation mondiale du
Travail contraire aux règles et aux accords internationaux. Il
faut
vraiment mépriser profondément la classe ouvrière
pour faire une telle
chose.
7. La CSN et
la FTQ en
campagne contre le financement privé en santé
par Pierre Bibeau
Alors que le gouvernement
libéral
mettait sur pied un comité cet automne pour évaluer le
financement
futur et actuel de la santé au Québec
(présidé par Claude Castonguay),
plusieurs incartades venaient s’ajouter au financement public de la
santé tel que connu jusqu’à maintenant : l’arrêt
Chaoulli et l’adoption
de la loi 33 sur l’ouverture complet au secteur privé dans
certains
domaines; la surfacturation de cliniques privées actuelles; les
rumeurs
voulant que l’hôpital Sacré-Coeur signent une entente de
partenariat
(un genre de PPP) avec le centre de chirurgie RocklandMD (le tout sous
l’oeil approbateur du ministre Couillard) et finalement, la tenue d’un
Davos de la santé à Saint-Sauveur organisé par le
Collège des médecins
( à 4552 $ l’inscription) dont le président, Yves
Lamontagne, est un
partisan avoué de plus de privé en santé.
Comme on peut le constater, le bateau
que constitue le financement public dans la santé prend l’eau au
Québec, les fuites sont nombreuses et difficiles à
colmater. C’est dans
ce contexte que la CSN présentait un plan de campagne contre le
financement privé en santé au conseil
confédéral de septembre dernier.
Cette campagne voulait d’abord toucher ses propres membres et
spécialement ceux qui n’oeuvraient pas directement dans la
santé.
Parallèlement, on souhaitait aussi « mobiliser largement
contre cette
offensive» tout l’appareil CSN.
Le but est de faire passer le message
auprès de la population et des membres CSN avant la sortie du
rapport
Castonguay qui devait être remis au gouvernement autour du 20
décembre,
puis dont la remise a finalement été reportée en
février 2008.
En rétrospective
Plusieurs activités
étaient prévues :
distribution de feuillets explicatifs, visites des syndicats (plus de
300 syndicats CSN auraient été visités),
manifestations de toutes
sortes et la signature d’une pétition. Le tout était
accompagné par un
discours public et par la recherche d’alliance de tous les horizons.
Cette campagne eu un écho plus
que
symbolique : outre les médias qui reprennent le discours
officiel de la
présidente, des médecins, des universitaires, des acteurs
sociaux et
même des éditorialistes ont repris la balle au bond et
fait avancer un
discours différent qui peu se résumer ainsi :
« oui il y a des
problèmes, de l’inquiétude quant au financement du
système public de
santé mais sa privatisation n’est pas la solution; des solutions
doivent être trouvé à l’intérieur du
système public ». Les objectifs de
campagne furent donc rejoints et même dépassés.
Pendant ce temps,
l’Institut Économique de Montréal et tous les Chaoullis,
Castonguay et
RocklandMD de ce monde ont encaissé le coup, ce qui ne les a pas
les
empêché de fonctionner, business as usual… On attend la
réplique qui
devrait venir avec la sortie du rapport Castonguay.
Par ailleurs, plusieurs centaines de
personnes ont répondu à l’appel et manifesté
contre le « Davos de la
santé » sous l’égide pompeux « les meilleurs
rencontrent les meilleurs
». Les médecins semblent également avoir remis
à l’ordre leur
président, Yves Lamontagne, qui ne se permet plus des
déclarations
publiques en faveur du privé mais adopte un discours sur ce
sujet plus
timoré voire ambiguë. Une job de bras semble avoir eu lieu
à l’interne…
Autre signe que la campagne CSN va
bien, la FTQ se décide à faire front commun avec elle et
refuse ainsi
d’être mise sur la touche. D’ailleurs la FTQ se joindra à
la CSN et
aura la responsabilité de faire signer la pétition
auprès de ses
membres.
Une deuxième phase est
prévue
Essentiellement, pour la
deuxième
phase de la campagne, outre la signature de la pétition, la
poursuite
de la sensibilisation des syndicats et la campagne de publicité,
on
prévoit des assemblées publiques en régions, la
visite de députés, «
une réponse dans les grandes émissions d’affaires
publiques » au
rapport Castonguay mais l’événement majeur sera
l’organisation, sous la
coordination de la solidarité santé, d’un forum qui doit
réunir les
groupes et personnes qui appuient le système public de
santé et qui ont
des solutions à proposer. Un genre de « Porto Allegre
» du printemps
pour contrer le « Davos de la santé » de l’automne.
Le tout devrait
coïncider également avec la remise du rapport Castonguay.
Il manque au plan des actions de
masse, le débat semble se confiner entre spécialistes et
notre crainte
réside dans le fait que la population reste spectatrice.
Même si on
gagnait le débat, il n’est pas dit que le financement de la
santé
resterait dans le giron du domaine public. Selon nous, il aurait
été
opportun de prévoir au minimum un point de ralliement comme une
manifestation nationale (ce pourrait le 1er mai prochain) bien que
lorsque la question fut posée en conseil
confédéral, la présidente de
la CSN, Claudette Carbonneau, nous répondit que ce plan pouvait
être
ajusté en fonction de la conjoncture.
Quand même, le tout semble
prometteur, les résultats sont probants jusqu’à
maintenant mais comme
nous le disions, il faudra faire plus pour reculer l’offensive des
capitalistes (soient-ils médecins) sur l’alléchant
créneau que
constitue le système de santé. Déjà plus de
30 % de celui-ci est
privatisé et cette part augmente petit à petit. Le grand
coup que
souhaiterait voir les compagnies d’assurance ne se produira
peut-être
pas à brève échéance, mais seulement le
fait de voir s’émietter notre
système public de santé nous renvoie avant les
années soixante et est
un recul important pour les travailleurs-euses et la population en
général.
8. NON AUX
"CERTIFICATS DE
SÉCURITÉ!
NON AU PROJET DE LOI C-3!
Résolution adoptée
par le Comité central du Parti communiste du
Canada les 8 et 9 décembre 2007
Le Parti communiste du Canada
dénonce
le projet de loi C-3 proposé par le gouvernement conservateur
pour
réintroduire les "certificats de sécurité", une
des plus importantes
procédures soi-disant "antiterroristes", qui violent les
libertés
civiles et les droits démocratiques au Canada.
En février, la cour
suprême du Canada
a établi à l'unanimité que les dispositions des
"certificats de
sécurité" enfreignent la Charte des droits et
libertés du Canada. La
Charte établit en effet que «toute personne a droit
à la vie, à la
liberté et à la sécurité personnelle, et a
le droit de ne pas en être
privé à moins de l'être
conformément aux principes fondamentaux de justice». Les
"certificats
de sécurité" permettent à l'État canadien
d'emprisonner pour une durée
indéterminée des citoyens/ennes
étrangères/ers en tant que "terroristes
présumés" sans leur donner le droit d'entendre le
procès mené contre
eux. Après la décision de février 2007, la plupart
des cinq hommes
détenus en vertu des "certificats de sécurité",
Hassan Almrei, Mohammad
Mahjoub, Mahmoud Jaballah, Mohamed Harkat et Adil Charkaoui, ont
finalement été libérés du "Guantanamo du
Nord", surnom donné au Centre
de détention de l'immigration de Kingston, mais sous des
conditions de
libération extrêmement restrictives, entre autres des
règlements
onéreux de détention à domicile.
Malheureusement, au lieu d'abolir les
"certificats de sécurité", la cour suprême a
donné au Parlement un
délai de un an pour adopter une procédure n'enfreignant
pas la Charte.
Huit mois plus tard, les conservateurs de Harper ont répondu aux
exigences de la cour en ne faisant que le strict minimum pour
protéger
les droits judiciaires des personnes accusées. Le projet de loi
C-3
créerait la catégorie des "avocats spéciaux", qui
auraient le droit
d'examiner les preuves secrètes contre des accusés et de
demander à un
juge la permission de rencontrer ces clients, mais qui n'auraient
toujours pas le droit de dévoiler en détail les
accusations portées.
Agissant clairement dans le but de réduire toute opposition
possible au
projet de loi C-3, les conservateurs ont d'abord présenté
ce dernier au
sénat plutôt qu’à la chambre des
députés, comptant sur le fait que
plusieurs sénateurs libéraux veulent des mesures
réduisant les droits
civils et les libertés démocratiques.
Le Parti communiste du Canada se
joints aux nombreuses autres organisations qui continuent de faire
campagne pour mettre fin aux attaques de l'État contre les
droits des
immigrants et des citoyens étrangers vivant au Canada. Nous
exigeons le
retrait du projet de loi C-3 et l'abolition des "certificats de
sécurité" sous quelque forme que ce soit car de telles
mesures
réduisent ou éliminent des droits de la personne et des
libertés
civiles pour les minorités racialisées de la
société canadienne. Nous
exigeons la levée immédiate de toutes les conditions
imposées aux cinq
détenus en vertu des "certificats de sécurité" et
le respect de leur
droit à des procès justes et ouverts. Nous demandons la
cessation de
toute procédure de déportation contre les cinq, des
déportations de
personnes à des lieux de torture et la fermeture du "Guantanamo
du
Nord".
Le gouvernement conservateur,
appuyé
par de nombreux libéraux, essaie de faire en sorte que la
généralisation actuelle des violations des droits de la
personne et des
libertés civiles devienne la "norme acceptable". En transformant
les
citoyens de certains secteurs de la société en boucs
émissaires, ce
processus mine et affaiblit les droits de toutes et tous les
citoyennes/ens du Canada, entre autres les travailleuses/eurs, les
membres des nations autochtones, les immigrantes/ants et les autres
groupes racialisés, ainsi que les personnes qui s'opposent aux
politiques de droite mises de l'avant par les gouvernements
néolibéraux
pour servir les intérêts des grandes entreprises. N'ayez
aucun doute
que si les "certificats de sécurité" ne sont pas abolis,
cette mesure
draconienne s'étendra et permettra à l'État
d'emprisonner
arbitrairement des citoyennes/ens canadiennes/iens en vertu de preuves
et d'accusations déclarées "secrètes".
Toute personne éprise de
démocratie
et de liberté a le devoir de résister à cette
attaque. Nous demandons
instamment à tous les partis siégeant au Parlement de
rejeter le projet
de loi C-3 en tant que tentative inacceptable de maintenir le
régime
des "certificats de sécurité". Si le Parlement adopte le
projet de loi
C-3, il faudra alors combattre en cour la loi adoptée comme
étant
contraire à la Charte des droits et libertés. Il est
nécessaire, avant
et pendant la période électorale attendue pour
bientôt, de consacrer le
maximum d'efforts pour dénoncer les députés et les
sénateurs qui
appuient le projet de loi C-3 et pour défaire les conservateurs
de
Harper, force dirigeante de cette attaque contre les droits civils et
les libertés démocratiques.
9.
FIASCO DU CANADA
À BALI
IL FAUT DÉFAIRE HARPER
ET LES ÉCO-CRIMINELS MAINTENANT!
Déclaration du
Comité
exécutif central du Parti communiste du Canada adoptée le
15 décembre 2007
En
résistant au progrès qui consiste à adopter un
plan d’action
mondial contre les changements climatiques catastrophiques, plan qui
est d'une urgence critique, les conservateurs de Harper sont en train
de donner rapidement au Canada la réputation mondiale
d'être un pays
dirigé par des éco-criminels. Il n’est, en effet, pas
exagéré
d’affirmer qu’en essayant de saboter la Conférence des Nations
Unies
sur les changements climatiques, tenue à Bali du 3 au 14
décembre, le
premier ministre Harper et le ministre de l’Environnement John Baird
ont commis un grave crime contre l’humanité. Mais heureusement,
dans un
sursaut de colère généralisée, les
Canadiennes/iens et les peuples du
monde ont forcé Baird à retirer les objections formelles
à l’appel
lancé à la Conférence pour que les pays riches
réduisent les émissions
de gaz à effet de serre au cours de la prochaine décennie
d’une
quantité variant entre 25 et 40%.
La plupart des 190
pays représentés au Sommet de Bali y étaient venus
pour établir une entente visant à mettre fin aux
catastrophiques
changements climatiques. Mais au lieu de coopérer à cette
tâche
historique, les conservateurs de Harper se sont rangés du
côté des
États-Unis, du Japon, de l’Arabie saoudite et d’un nombre
réduit de
pays afin d'empêcher la signature d’un accord en vue d’une
réduction
importante des émissions. Le Canada a même reçu le
prix de pays
"fossile" quant aux changements climatiques.
Bien qu’ils
constituent un gouvernement minoritaire au Parlement et que
les Canadiennes/iens et les autres peuples se manifestent contre leurs
politiques, les conservateurs de Harper n’écoutent que les
exigences
des grands monopoles du pétrole et de l’impérialisme
états-unien. La
position de Harper est que le Canada refusera tout objectif important
de réduction des émissions de gaz à effet de serre
à moins que tous les
pays développés et en voie de développement n’y
participent. Cette
attitude hypocrite est une ruse pour rejeter la responsabilité
du
Canada en cette matière sur d’autres pays. Le récent
Programme de
développement des Nations Unies montre que le Canada est un
«cas
extrême» illustrant le proverbe «Les grands diseurs
ne sont pas les
grands faiseurs», et que les Canadiennes/ iens se classent au
deuxième
rang quant au bilan carbone par habitante/ant, immédiatement
après les
États-Uniens. De plus, à la dernière
réunion du Commonwealth en Uganda,
Stephen Harper a bloqué un projet d’accord demandant aux pays
développés de respecter des limites aux émissions
de gaz à effet de
serre.
Les
émissions augmentent rapidement dans certains pays en voie de
développement, mais au cours des deux derniers siècles,
ce sont les
pays capitalistes développés qui ont été
les grands responsables de ce
problème, et ce sont eux qui en ont profité davantage. En
appuyant
l’exploitation maximale des sables bitumineux de l’Alberta et
l’exportation de ses vastes ressources énergétiques vers
les
Etats-Unis, le gouvernement Harper enchaîne le Canada à la
machine de
guerre des Etats-Unis. Ces politiques assurent de gigantesques profits
pour les grandes entreprises pétrolières mais ont des
conséquences
dévastatrices pour l’environnement et pour les
travailleuses/eurs.
Après la
conférence de Bali, par la manipulation médiatique au
sujet
des changements climatiques, le gouvernement Harper a continué
de
prétendre, de façon absurde, à la rencontre de
l’«Asia Pacific Economic
Conference » (APEC) tenue en Australie, que le Canada est un
«leader
mondial ». En vérité, la "stratégie" des
conservateurs sur
l’augmentation de l’intensité énergétique,
c’est-à-dire l’utilisation
de moins d’énergie par unité de produit intérieur
brut (PIB) alors que
le PIB augmente ne réduira tout simplement pas les
émissions de gaz à
effet de serre.
Depuis le Sommet
de l’APEC, l’électorat australien a défait le premier
ministre australien John Howard, l’un des seuls alliés de Bush,
parce
qu’il en avait assez des mensonges et du refus d’agir face aux
changements climatiques.
Stephen Harper
doit également être défait! Le Parti communiste du
Canada continuera de contribuer à mobiliser la résistance
populaire
contre les conservateurs et leur programme anti-environnemental au
service des grandes entreprises. Nous pressons les partis de
l’opposition au Parlement de défaire Harper immédiatement
pour que les
électrices/eurs retirent immédiatement du pouvoir son
gouvernement au
service des grandes entreprises de pétrole.
Sommaire
10. Socialisme
- Une
étape de la lutte
La signification du parti
communiste comme organisation
révolutionnaire
Carolus
Wimmer
12-01-2008
Carolus Wimmer est membre du bureau politique du parti communiste
du Venezuela, secrétaire aux relations internationales et
député au
parlement latino-américain
La question de la signification du
parti communiste n’est pas seulement de nature théorique; dans
le
processus politique du Venezuela, elle constitue un thème
d’actualité.
Ce thème s’est
révélé par la question suivante: pourquoi le parti
communiste du
Venezuela (PCV) ne s’est-t-il pas uni au parti socialiste unifié
du
Venezuela (PSUV), une fusion que le président de la
république
bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez Frías, avait
appelé de ses
voeux. Il y avait même des gens pour penser que le parti
communiste du
Venezuela disparaîtrait dans ce processus et serait réduit
à rien s’il
n’effectuait pas cette fusion, car la lutte pour le socialisme
«resterait dans les mains du PSUV». Cela semble un argument
en
apparence logique, mais mon point de vue est qu’il ne l’est pas. Car le
parti communiste du Venezuela lutte et continuera à lutter pour
le
socialisme, indépendamment de la position adoptée par le
PSUV ou toute
autre force qui aspire au changement et à la suppression du
capitalisme.
Productivité et progrès
Pour les communistes, le socialisme se présente comme une
étape dans la
transition vers une société plus juste, qui – selon notre
point de vue
– est le communisme. C’est pourquoi, nous, communistes, sommes les
combattants les plus fermes et les plus résolus pour le
socialisme.
Atteindre et construire le socialisme nous rapproche de notre but:
l’édification d’une société, qui est encore plus
avancée que
l’organisation socialiste, à savoir le communisme,
l’organisation
communiste de la société. Autrement dit, notre combat
pour le
communisme a besoin d’une étape antérieure, le
socialisme. Dans le
socialisme, l’organisation de la production et la répartition
sociale
de ce qui est produit s’organisent sur base de la formule: «De
chacun
(qui produit pour la société) selon ses capacités,
à chacun selon son
travail», c’est-à-dire selon ce qu’il a presté ou
produit. Il s’agit du
fondement de la construction de la société socialiste.
Dans le
communisme, le développement a continué à
progresser et la formule
s’exprime alors ainsi: «De chacun selon ses capacités,
à chacun selon
ses besoins». Cela suppose un développement
élevé de la société et de
la
productivité afin qu’il soit possible de satisfaire aux besoins
de la
société. Pour atteindre la première étape,
le socialisme, une prémisse
s’impose: la suppression de la propriété privée
des moyens de
production. Le capitalisme, c'est le règne de la
propriété privée des
moyens de production. Les travailleurs vendent leur force de travail,
leurs connaissances, pour lesquelles les propriétaires des
moyens de
production leur payent une partie de ce qui est produit via le salaire.
Ce qui reste constitue la plus-value, que s’approprie le
propriétaire
des moyens de production et qui représente le fondement de la
croissance de sa richesse. C’est là-dessus que se base la
société
capitaliste.
Des
intérêts antagoniques
Ceux
qui possèdent les moyens de production s’unissent afin de défendre cet ordre social, qui leur permet de
s’enrichir de plus en plus.
Et ceux qui sont exploités s’unissent afin de se défendre
contre cette exploitation et
de se battre pour un autre
ordre social dans lequel ils ne seront plus exploités. Nous connaissons
les exploiteurs comme
étant la classe sociale bourgeoise,
la bourgeoisie, qui défend ses intérêts et souhaite que
les choses restent ce
qu’elles sont. Et ceux qui travaillent et sont exploités forment la classe
ouvrière, le
prolétariat. Ils défendent leurs intérêts et veulent que la
société change, que
la propriété privée, l’exploitation et le capitalisme disparaissent. Les
intérêts des
deux classes sont antagonistes. C’est pourquoi elles luttent l’une contre
l’autre, en premier lieu afin
d’exercer le pouvoir d’état
sur la société dans sa globalité. C’est ce qui doit être compris
derrière le concept de
lutte des classes, et c’est précisément
cela que nous, marxistesléninistes, considérons comme le moteur de l’histoire. Car ce n’est pas le
marxisme-léninisme qui
est le moteur de l’histoire
mais la lutte des classes. Le marxisme-léninisme,
ses formulations théoriques,
ne sont qu’un instrument pour
l’interprétation de réalités
changeantes, un instrument d’interprétation
et d’orientation de la lutte,
de l’étude de la lutte
de classes dans des moments historiques
déterminés. C’est
pourquoi il ne remplace pas la
lutte de classes comme moteur de
l’histoire. Car c’est précisément cela qu’est le marxisme-léninisme: un instrument profondément enrichi par l’histoire, qui – soutenu par la dialectique – rend possible son renouvellement continu. Marx utilisa cet instrument à son
époque dans les
conditions régnant alors.
Lénine l’utilisa également à son époque dans les conditions régnant alors. Et, aujourd’hui, il sert les partis communistes partout dans le monde comme guide pour l’étude des conditions
sociales et
économiques, du développement respectif de la lutte des classes et pour la formulation de leur politique, en se fondant sur la lutte
de classes et sur la
défense des intérêts de la classe ouvrière – dans
l’intérêt de la lutte
immédiate du prolétariat dans chaque pays et avec en vue le progrès du socialisme et du communisme.
Marxisme-léninisme
C’est pourquoi on ne peut parler du marxisme-léninisme comme d’un
«dogme», ni des
marxistes-léninistes comme de «dogmatiques», et on ne peut
donc pas affirmer que le
marxisme-léninisme, c’est du «passé». Le
marxisme-léninisme, ce n’est
pas du passé, il se renouvelle, il s’actualise, il est constamment
appliqué en
correspondance avec la réalité. Il est dialectique, dynamique et
interprète au jour le
jour les réalités de la lutte de classes. Et partant de cela, nous,
marxistesléninistes, prenons
parti pour la lutte du prolétariat
contre le capitalisme. Nous sommes
contre toute forme de capitalisme ou contre toutes les formes sociales qui mènent au capitalisme. Il a été dit, le nouveau
parti PSUV «ne saisit
plus la bannière du marxismeléninisme, parce que celui-ci est un dogme, parce qu’il appartient au
passé». Mais
cela ne peut pas être décrété. Au contraire, cette affirmation devrait
être scientifiquement
prouvée, et cela, personne ne l’a encore fait, et ne pourra pas non plus le faire, car le
marxismeléninisme, ce
n’est ni du passé, ni un dogme. Si le nouveau parti PSUV ne veut pas accepter le marxisme-léninisme,
ne veut pas l’appliquer, s’il
s’en débarrasse ou
l'expulse de ses rangs, c’est alors l’affaire de ceux qui forment ce parti. Il
a été dit de
façon répétée que,
dans ce nouveau parti, les
orientations théoriques et
politiques, le modèle d’organisation, etc. seraient discutés, de
manière horizontale et
collective, par les candidats à l’affiliation à ce parti. Ceux-ci
devraient devenir membres
à part entière au cours du processus des réunions de
bataillons, et, lors de ces
réunions, ils devraient pouvoir
discuter et décider collectivement de la doctrine théorique, des
lignes politique et
syndicale, des statuts, des formes de fonctionnement et d’organisation du nouveau parti. Cela n’a pas eu lieu. Cela signifie que la réflexion et la
discussion collectives
annoncées ne sont pas encore déroulées. En tous cas,
nombreux sont ceux qui
appellent le parti communiste du Venezuela à se dissoudre et
à s’unir au PSUV.
Ceux-là vont-ils ensuite nous dire que nous devons simplement abandonner notre identité de communiste et de
marxiste-léniniste?
C’est justement cela qui montre
réellement la nécessité de l’existence du parti communiste du Venezuela comme parti de la classe ouvrière,
du prolétariat
vénézuélien, comme garant de l’application du marxisme-léninisme
à l’orientation de la
lutte des classes et de la
lutte pour le socialisme. Cela prouve la nécessité de sa
consolidation idéologique, politique et organisationnelle, la nécessité de
l’édification d’un grand parti communiste du Venezuela en dépit de
tous les obstacles. Si nous
voulons actualiser ce
thème, nous pouvons nous référer au discours du président Chavez du
3 janvier 2008 dans lequel,
après un an, il a reconnu
de manière autocritique la signification du PCV et la nécessité de
reconstruire le pôle
patriotique comme alliance entre
le PSUV et le PCV.
12.01.2008
Junge Welt, hebdomadaire
http://www.jungewelt.de/2008/01-12/005.php?sstr=Carolus%7CWimmer
11. Tensions
entre ouvriers
chinois et multinationales
Mark
Kennes ,11-07-2007
Jeudi 21 juin, la « Platform
Chinaworks » et le «
Brussels China Forum »
ont organisé une journée d’étude avec des orateurs
qui
ne sont pas passés
inaperçus. Dont le Pr Chang Kai (un des auteurs
de la nouvelle législation chinoise sur le
travail), le professeur en droit du travail Marc Rigaux
(Belgique) et divers représentants de la FGTB et de la CSC.
D’après le
Pr Chang Kai, la
nouvelle loi, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2008,
apportera une amélioration sensible des conditions de travail.
Ces dernières années, l’économie chinoise a connu
une énorme croissance, entre autres grâce
aux nombreux investissements les multinationales
étrangères. La hausse de la prospérité a
toutefois
été
accompagnée d’une hausse du nombre de conflits sociaux entre
employeurs et travailleurs. Confrontées à cette nouvelle
situation, les autorités chinoises se sont
vues obligées de prendre des mesures. En 1994, une
première loi sur le travail avait vu le jour, limitée et
calquée sur les
modèles européens.
Le syndicat
chinois (ACFTU) va devoir
s’adapter à la nouvelle situation. Dans
le passé, la présence syndicale dans les entreprises
chinoises de
l’État allait de soi. Aujourd’hui, le syndicat doit
conquérir lui-même sa place dans les multinationales et
les
entreprises privées. Le nombre de conflits du travail
augmente pour l’instant de 30 % chaque année. De
même, l’augmentation des grèves sauvages montre bien
à l’ACFTU qu’il va devoir adapter son fonctionnement à
la nouvelle situation.
Le Pr Chang Kai a
insisté sur
le fait que la nouvelle loi provoquera des changements
profonds dans les relations de travail en Chine. Un
grand problème que la loi entend aborder, c’est le faible
pourcentage de contrats dans les PME (moins de 20
%). En outre, il va être possible pour les
syndicats de conclure des CCT (convention collective de travail),
également au niveau sectoriel. En cas de licenciement,
les travailleurs ont également droit à un
salaire mensuel complet par
année d’ancienneté au sein de
l’entreprise. Après deux contrats successifs à
durée déterminée, ils
doivent recevoir un contrat à durée
indéterminée.
La
rédaction de la nouvelle
loi sur le travail suscite déjà bien des remous.
La Chambre de commerce américaine de Shanghai a
même menacé d’annuler plusieurs investissements si elle
était approuvée. Une première version de la loi a
également connu plus de 200 000 amendements proposés
par des représentants aussi bien des travailleurs que des
employeurs. Finalement, le 29 juin, soit quelques jours
après la journée d’étude, la quatrième
version de la loi a
été approuvée. D’après le Pr Chang Kai,
cette
version est plus avantageuse encore pour les travailleurs que les
versions précédentes.
Voter une loi
c'est une chose,
l'appliquer en est une autre
Il reste
naturellement d’importantes
questions sur l’entrée en vigueur de ces
mesures : voter une loi est une chose, la faire appliquer dans un
pays aussi immense que la Chine en est une autre. Il va
de soi qu’ici, le syndicat chinois doit jouer un
rôle important. Le Pr Jude Howell (GB) a insisté sur
le fait que l’ACFTU doit redéfinir en partie son
rôle de médiateur entre le gouvernement chinois et les
travailleurs, et se
muer en défenseur des droits syndicaux face aux
entrepreneurs privés.
Carlos Polenus(1),
de la
Confédération syndicale internationale (CSI), a
confirmé que celle-ci doit corriger son attitude à
l’égard
de la Chine. Entre autres, en se départant d’un mode de
pensée hérité de la
guerre froide, en ne considérant plus
la Chine en tant que bloc monolithique, et en nouant des
contacts avec les forces de gauche de l’ACFTU. Et aussi parce que, avec
ses 160 millions de membres, le syndicat
chinois est plus grand que la CSI.
Ferre Wyckmans, de
la CSC, a encore
insisté pour dire que cette collaboration
doit se faire dans les deux sens, et il espère que
l’ACFTU prendra lui aussi ses responsabilités.
Et Eddy Van
Lancker (FGTB) d’ajouter
que, pour pouvoir faire appliquer la nouvelle
loi, le syndicat n’aura pas qu’à créer les
rapports de forces adéquats au
sein des entreprises. Il va également avoir besoin de tout un
appareil d’experts juridiques et
d’universitaires comme le Pr Chang Kai pour assister les
travailleurs en paroles et en actes.
1 Carlos
Polenus, ancien
vice-président du Setca (employés FGTB)
Voir http://www.chinaworks.be
12. Chine
- Une nouvelle
loi qui déplaît aux entreprises occidentales
Pol
De Vos 22-11-2006
Quelle
est la teneur de cette loi ?
Peter Franssen. La loi stipule que
patrons et syndicats doivent négocier
des conventions collectives de travail
sur pied d’égalité. Lors de
l’embauche d’un travailleur, la période d’essai ne peut
excéder un mois, après quoi il a droit
à un contrat fixe. Le licenciement collectif
nécessite l’accord du syndicat. Cette loi
impose en outre un contrôle
sévère du respect de la législation du travail
existante, comme la semaine de travail de 44 heures, la semaine de cinq
jours, le salaire minimum, le paiement des heures
supplémentaires. En cas d’infraction, le patron
encourt une amende voire une peine
d’emprisonnement sévère.
Comment
ont réagi les patrons ?
P. F. : Pour les patrons
américains et ouest-européens qui ont
investi en Chine, cette loi «
met en péril
les valeurs traditionnelles de
l’entreprise », sous-entendu les patrons vont perdre une
grande
partie de leur pouvoir de décision.
Ils essaient aussi de faire du chantage. Keyong Wu de la Chambre
de Commerce britannique a dit textuellement : « Nous
sommes venus en
Chine pour les faibles coûts
salariaux et la flexibilité. S’ils
disparaissent, nous irons en Inde, au Pakistan ou au Bangladesh. »
Comment
les Chinois
réagissent-ils face au chantage ?
P. F. : Avec calme. Ils vont
peut-être apporter quelques petites
modifications à la loi mais le fond restera
inchangé. A la fin des années ‘70,
lorsque la politique de réformes a commencé, ils se
trouvaient dans une position
d’infériorité. Ils avaient absolument besoin des
investisseurs américains, japonais et
européens ainsi que de leurs capitaux,
technologies et techniques de gestion s’ils
voulaient progresser. Aujourd’hui, la situation
est un peu plus équilibrée.
En octobre, le
groupe français
Alstom a signé un contrat avec une
entreprise d’état pour la construction de 500
locomotives ultramodernes et
ultraperfectionnées. La direction d’Alstom craint que la
Chine ne la chasse bientôt et ne
devienne un exportateur plutôt qu’un importateur de locomotives
ultramodernes. Mais,
ajoutet-elle, « nous n’avons
pas le
choix. Si nous
n’acceptons pas le transfert de
technologie, nous n’obtiendrons aucun contrat avec la Chine. »
Le mois dernier,
la Chine a
lancé une production en masse d’ordinateurs avec processeur
« made in China
» qui n’a rien à envier aux derniers
processeurs japonais ou américains. Ces ordinateurs
seront vendus au prix de 100 euros. Soit huit fois moins que chez nous
! Les Chinois ont acquis la technologie en observant la manière
dont les
investisseurs étrangers ont développé la leur.
Pour l’instant, la
Chine
achète toujours ses avions à Airbus en Europe
et à Boeing aux USA mais en 2008 le pays produira ses propres
avions de
passagers.
Les Chinois
peuvent à
présent imposer des conditions aux investisseurs
étrangers. Même s’ils ne peuvent pas
imposer tout ce qu’ils voudraient, leur
position est de plus en plus forte. Le révolutionnaire russe
Lénine a dit un jour :
« Les capitalistes étrangers
font tout pour
l’argent. Ils essaient même de nous vendre la
corde avec laquelle nous les pendrons.
» C’est un peu ce qui s’est passé en
Chine ces dernières années.
Cette
nouvelle loi n’est-elle pas la preuve que la législation
sociale existante est insatisfaisante ?
P. F. : La législation
existante va beaucoup moins loin et est difficilement contraignante.
Mais les Chinois sont
aussi très conscients des erreurs
qu’ils ont commises. Dans les années ‘80
et ‘90, ils ont parfois été
unilatéraux. A l’époque, leurs seules
préoccupations
étaient la croissance économique et
l’élévation du niveau
de vie. Ils ne se souciaient pas assez des conditions de travail, et
notamment celles des migrants nationaux, c-à-d les
paysans qui ont migré vers les villes
pour travailler dans l’industrie. Ils sont 150 millions – soit un
cinquième
de la population active. Plus de la
moitié sont contraints de faire des heures
supplémentaires, trop peu
rémunérées voire pas du tout. Plus de la
moitié travaillent six jours
par semaine. Leur revenu est inférieur
à celui des autres travailleurs.
« Si la nouvelle
loi sur le travail entre en vigueur et qu’elle est mise en
application, les salaires de ces migrants augmenteront au moins de
moitié », explique Anita Chan,
spécialiste en relations collectives du travail à
l’Université
Nationale d’Australie.
Pour rectifier les
erreurs du
passé, le gouvernement fait appel aux
travailleurs eux-mêmes. La nouvelle loi a d’abord
été soumise
à la population qui devait donner son avis. Le gouvernement a
reçu 190.000 mails et lettres contenant des propositions. Le
parlement est occupé à
les examiner. C’est une forme de mobilisation. Les autorités
veulent donner de nouveaux moyens légaux aux travailleurs
et les encourager à s’en servir.
Sans
le syndicat, cela ne marchera pas…
P. F. :Cette année, le
syndicat a déjà affilié près de 6
millions de nouveaux membres, des migrants pour la plupart. Il y a
quelques mois, le syndicat est parvenu à créer des
sections dans les 62 magasins de la
chaîne américaine Wal-Mart. Un coup
dur pour Wal-Mart qui interdit toute
représentation syndicale dans ses magasins même aux
Etats-Unis. On peut lire dans la presse des dizaines
d’articles sur la manière dont cela s’est passé ainsi que
sur les moyens
clandestins que le syndicat a dû employer, mais aussi sur
l’exploitation des migrants, les salaires
impayés, l’insécurité et
l’absence d’hygiène dans les usines et les mines, les heures
supplémentaires
forcées... Le tout accompagné de
témoignages, reportages, photos. Et à chaque fois, on
peut lire entre les lignes l’appel
lancé aux travailleurs pour obliger les patrons à
respecter la loi.
13 France :: Un
patron
révèle le programme secret de Sarkozy : retour à
avant 1945
David
Pestieau
28-11-2007
Jamais
encore on n’avait osé révéler l’envers du
décor avec autant de cynisme. Denis Kessler, ancien
vicepatron des patrons français (le MEDEF, l’équivalent
de la FEB en
France), révèle le programme secret de la
présidence Sarkozy. Vertigineux !
Dans un
éditorial du journal
financier français Challenge,
le 4
octobre 2007, Denis Kessler écrit :
« Adieu 1945, raccrochons
notre pays au monde ! (1)
Le
modèle social
français est le pur produit du Conseil national de la
Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer, et le
gouvernement
s’y emploie. Les annonces successives des
différentes réformes par le gouvernement
peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent
variées, d’importance inégale, et de
portées diverses : statut de la fonction publique,
régimes spéciaux de retraite, refonte
de la Sécurité sociale,
paritarisme…
À
y regarder de plus
près, on constate qu’il y a une profonde
unité à ce programme ambitieux. La liste des
réformes ? C´est simple, prenez tout ce
qui a été mis en place entre
1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il
s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de
défaire méthodiquement le programme du Conseil national
de la Résistance ! »
Pendant la
campagne,
électorale, Nicolas Sarkozy avait accusé
le mouvement étudiant de Mai 68 de tous les maux. En 2002,
l’actuel Premier
ministre François Fillon avait
accusé le Front populaire (front composé des socialistes,
des communistes et d’autres forces de gauche qui avaient
gagné les
élections en 1936) d’être responsable de la
défaite militaire de 1940. (2) Ici, un patron
proche de l’équipe
présidentielle révèle le but stratégique
des
réformes qui se succèdent en France.
Tout
doit disparaître
L’ensemble des
réformes
économiques et sociales mises en place au moment où la
France venait de
se libérer de l’occupation nazie et du
régime fasciste de Vichy ont été
rendues possibles grâce à
« un pacte
politique entre les gaullistes
et les communistes
», explique Kessler.
En
réalité, l’influence
des communistes dans la Résistance
était si grande, le prestige de l’Union
soviétique qui avait contribué grandement à
la défaite nazie était si haut, que les financiers et
patrons français de l’époque
ont tremblé. Par peur de la révolution, ils ont
signé un compromis douloureux : ils ont accepté
l’introduction d’une sécurité sociale,
du droit du travail et la nationalisation de
secteurs clés. C’est ce qu’on a
appelé le programme du Conseil national de la
résistance qui était composé des
communistes, des partisans de De Gaulle, des syndicats,…
C’est ce pacte que
veut
définitivement détruire Sarkozy pour se
défaire du système de Sécurité sociale, du
statut de la fonction publique, de ce qui reste
du secteur public, de la représentativité syndicale, des
régimes de retraite. Tous obtenus entre 1944 et 1952.
Mais la partie
n’est pas
gagnée, car, déplore
l’éditorialiste, « le
pays sanctifie ses
institutions ». Lisez sa
sécurité sociale, sa fonction publique.
Kessler se plaint que « ceux
qui
s’attaquent à ces institutions
d’après-guerre
(comme lui, ndlr) apparaissent sacrilèges
». Or ces institutions ont vu le jour
après quatre années de régime
fasciste à la française et d’occupation nazie…
Kessler qualifie
le modèle
français de « dépassé
», « inefficace »,
« daté ». Le Premier ministre Fillon a
précisé ce qui est dépassé : «
Il faut, dit-il, que chacun d’entre
nous accepte qu’il y ait
moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire
». La dégradation des services publics est ainsi
revendiquée avec plans à la clé :
20 000 enseignants seront effacés, sous-effectifs
dans les hôpitaux, diminution des
tribunaux, attaque contre le régime des
pensions des cheminots, chauffeurs de bus,…
C’est contre ce
programme
qu’étudiants, cheminots, enseignants,
fonctionnaires, infirmières descendent dans la rue en France
(700 000 pour la seule journée du 20 novembre).
L’enjeu est terriblement important et la partie
n’est pas gagnée pour Sarko. Comme la France donne souvent le
ton à
l’Europe et que Sarkozy est l’idole de Reynders,
ces luttes méritent tout notre soutien.
David
Pestieau
1 Voir: http://www.challenges.fr
14. Joignez
le Mouvement
Ligue des jeunesses communistes
La
YCL-LJC est une organisation de jeunes qui militent pour un avenir
socialiste. nous luttons donc pour la justice sociale et la paix contre
l'exploitation et contre toutes les formes d'oppression, comme le
racisme, l'oppression nationale.
Nous sommes l'organisation pour la jeunesse révolutionnaire la
plus ancienne du Canada. Formée en 1923, nous avons au cour de
notre histoire, envoyé des brigades en Espagne durant la guerre
civile pour soutenir la République et lutté contre le
fascisme, nous avons résisté à la guerre froide,
et nous avons mobilisé la population sur de nombreuses questions
comme la paix, la justice sociale et le désarmement
nucléaire. Nous avons toujours soutenu le mouvement
étudiant dans ses luttes et ses revendications. Dans les
années 1990, la LJC a été dissoute avec la crise
du mouvement communiste de l'époque. Mais il y a quelques
années, des jeunes ont voulu faire renaître la Ligue et
ils ont réussi. En 2005, nous avons participé à la
construction d'une délégation canadienne pour un des plus
grands festivals de la jeunesse anti-impérialiste du monde,
tenue au Venezuela. En mars 2007 nous avons eu notre congrès de
refondation à Toronto.
Les cellules de la LJC se retrouvent partout à travers le pays y
compris au Québec, et chacune d'entres-elles combattent pour le
vrai changement menant au socialisme. Nous publions un journal
bilingue, le Rebel Youth, qui
met de l'avant les combats de la jeunesse ouvrière.
Site
internet: http://www.ycl.ljc.ca/
Courriel
(francais) : quebec@ycl-ljc.ca
Courriel
(anglais): toronto@ycl-ljc.ca
15. Notre choix
aujourd'hui : le socialisme ou l'extinction
Intervention du chef
du Parti
communiste du Canada, Miguel Figueroa à la rencontre
de Partis
communistes et ouvriers, Minsk,
Bélarus Du 3 au 5 novembre 2007
«Le sens
véritable et
permanent de la Révolution
d'Octobre est le fait
qu'elle constitue
une nette rupture
avec les sociétés de
classe basées
sur
l'exploitation et qu'elle annonce
le début d'une
époque de transition
du capitalisme au
socialisme ainsi
que la naissance d'un nouveau
type de
société pouvant
mettre fin à
l'exploitation, au pillage et
à la
guerre et bâtir un
type entièrement nouveau de
relations sociales
basé sur
la coopération
et non sur la compétition,
sur la justice
sociale et non
sur
l'inégalité et l'oppression sociale,
nationale ou de
la femme. »
Chers partis frères,
Chères et chères
déléguées et
délégués,
Chères et chers camarades,
Cette rencontre est historique pour plusieurs raisons.
Premièrement parce que
c'est la première
réunion vraiment
internationale de partis
communistes et ouvriers
depuis la crise et le
renversement du socialisme dans l'ex-Union soviétique et dans
l'Europe de l'Est à se
tenir sur une
partie du territoire de
l'ex-URSS, du
«pays de Lénine»;
deuxièmement parce qu'elle a lieu au 90ème anniversaire
de la Grande
Révolution socialiste
d'Octobre, qui a donné
naissance au tout premier
État socialiste et a
modifié le rapport de
force des classes, ainsi
que le contenu et
l'orientation
générale des
événements mondiaux
au cours de presque tout le
restant du
siècle dernier. Et
troisièmement parce qu'elle
a lieu à un moment
où l'humanité fait
face à des dangers sans
précédent et
doit faire un choix net entre deux
options, dont l'enjeu est clair
: la survie de notre
espèce et de
la planète. Nous nous
joignons aux autres partis
pour exprimer notre profonde reconnaissance
envers le Parti
communiste de Bélarus
et le Parti communiste de la
Fédération de
Russie d'avoir
organisé cette
rencontre et de nous
accueillir.
À l'approche de l'anniversaire
de la Grande Révolution
socialiste d'Octobre, un
grand nombre de propos et de
textes sont dits et
écrits sur l'importance
historique de cet
événement, qui
suscite toujours un grand intérêt
tant de la part
des partisans du socialisme
que de ses ennemis. Comme de
nombreux partis réunis ici,
notre Parti avait émis
une résolution spéciale
pour que le
90ème anniversaire soit
célébré
avec emphase. Je ne
soulignerai donc qu'un fait : avec
la remontée de
l'anticommunisme, l'habituelle
série de mensonges
reprend de plus belle. Selon
ses détracteurs la
Révolution socialiste
de 1917 n'aurait
été qu'un putsch;
elle n'aurait eu aucune base ou
caractère de masse; elle
aurait été “prématurée”;
et
d'autres arguments de la
sorte. Nous devons donc, une fois
de plus, réfuter et
dénoncer ces mensonges.
Le sens véritable
et permanent de la
Révolution d'Octobre est le fait qu'elle constitue une nette
rupture avec les
sociétés de
classe basées sur
l'exploitation et qu'elle annonce
le début d'une
époque de
transition du capitalisme au
socialisme ainsi que la naissance
d'un nouveau type de
société pouvant
mettre fin à
l'exploitation, au pillage et
à la guerre et
bâtir un type
entièrement nouveau de
relations sociales
basé sur la
coopération et non
sur la compétition, sur la
justice sociale et non sur
l'inégalité et l'oppression sociale, nationale ou de la femme. Quelles qu'aient pu être
les déficiences et les
erreurs
commises par la suite, rien
ne peut amoindrir
la gloire ou l'importance
à long
terme de la Révolution
d'Octobre, et
quel que soit le nombre de
textes
rédigés afin d'"assainir"
ou de
réécrire l'histoire, rien n'effacera la
vérité.
* * * * * * *
Camarades, permettez-moi maintenant d'aborder les questions actuelles. La crise systémique du capitalisme s'accentue et les hautes sphères dirigeantes se
démènent pour protéger
les intérêts d'une classe et préserver
l'hégémonie de celle-ci sur la vie politique. Dans ce contexte, elles intensifient leur offensive
contre la classe
ouvrière et contre
toutes les masses
laborieuses, contre la
souveraineté des pays
et des États et contre l'environnement
dans le monde entier.
Au Canada, le nouveau gouvernement conservateur de Stephen Harper, au pouvoir depuis moins de deux ans, agit à toute allure
pour imposer un agenda
radical de droite et coordonner
les politiques
étrangères et
nationales en fonction de
l'offensive de
l'impérialisme états-unien visant la domination mondiale. Harper et les conservateurs s'efforcent,
à fond de train, de
développer
et d'étendre le
rôle militaire du Canada
dans le cadre des
opérations d'occupation et de guerre en Afghanistan des
États-Unis - OTAN. Ils
intensifient le
processus de liquidation de
la
souveraineté canadienne
en préparant ce
qu'ils nomment poliment
l'“intégration profonde” avec les États-Unis, sous les auspices de l'accord de "Partenariat
nord-américain pour la
sécurité et la prospérité
(PSP). Ils
conspirent avec les grandes
entreprises et
institutions pour
démolir le système
public de santé du
Canada et privatiser l'éducation, les régimes de pensions publics et les autres services sociaux vitaux tout en réduisant les
impôts et les taxes
pour les grandes entreprises et pour les nantis. Ils reviennent sur
des engagements
assumés
relativement au Traité
de Kyoto sur
l'environnement et enveniment
la crise
constitutionnelle du Canada,
qui traîne depuis si longtemps,
en encourageant le
nationalisme étroit au
Québec afin
de promouvoir leur calendrier
anti-social. Et ils
attaquent les droits des
travailleuses/eurs, les droits
politiques et les droits de
la personne sous
prétexte de développer
la
“compétitivité globale” et la “guerre contre le terrorisme”. On pourrait dire bien des choses sur l'offensive en cours contre le peuple de notre pays, mais les gens savent très bien ce qui se
passe dans l'ensemble. Tout
en tenant compte des
particularités du Canada,
nous pouvons dire que, dans
l'ensemble, l'offensive
réactionnaire est
pratiquement la même
presque partout dans le monde.
Or notre situation présente un
paradoxe : le peuple canadien
dans son ensemble s'oppose
pratiquement
à chacun des aspects
de l'agenda de la droite.
Dans sa grande
majorité, le peuple
s'oppose à la guerre
menée en Afghanistan
et en Iraq, aux menaces de
guerre contre l'Iran et contre
d'autres pays, à la
militarisation
croissante et à
l'augmentation du budget
de la défense;
le peuple veut
maintenir les soins de
santé,
l'éducation et les autres services sociaux publics et
d'accès universel; il
s'oppose à la
perte de la
souveraineté du Canada.
Mais les mouvements de riposte du peuple contre ces politiques restent divisés, et les luttes
ne sont que sporadiques.
C'est le mieux que nous
puissions dire sur la situation. La raison en est que les courants
sociaux-démocrates et
les autres
tendances réformistes
prédominent
au sein des directions
du mouvement syndical et de
celles des autres mouvements démocratiques.
Ces forces espèrent
encore le retour du
bon vieux temps, celui du
“contrat social” entre le
Capital et le Travail. Elles sont
prêtes à des
accommodements, et leurs
membres sont prêts
à céder aux pressions
et aux exigences croissantes des
patrons et de leurs gouvernements. Elles accordent concession sur concession dans l'espoir illusoire de restaurer la paix sociale. Elles
ont peur de lutter et, par
conséquent, de mobiliser
les travailleurs et les
autres forces
démocratiques afin de
les conduire dans la bataille
contre
l'offensive des grandes
entreprises et de leur
État. Et,
malheureusement, les communistes
et les autres forces de la gauche
sont, pour l'instant, trop
réduites et trop
faibles pour empêcher ce reflux.
Prenons comme exemple le récent accord signé
entre les «Travailleurs
canadiens de l'automobile »,
plus grand syndicat du
secteur privé au
Canada, bien connu
pour son histoire de luttes
exemplaires, et
l'entreprise Magna
International, important fabriquant
de pièces automobiles. Le
syndicat a accepté, sans
avoir mené le moindre
combat, un nombre jamais vu
de concessions, entre autres la
promesse de ne jamais plus faire la grève, ainsi que des
réductions de salaires
de 50% pour les nouveaux employés
de ce secteur
industriel … 50%! C'est une
trahison monumentale! Cet
accord établit un
précédent des
plus dangereux pour tous les
travailleurs et pour tous les
syndicats de notre pays. Les
conséquences
seront très graves
à moins que
les attitudes ne changent. Il
est crucial et urgent, par
conséquent, que nous
concentrions toutes nos
énergies à
bâtir notre Parti,
à accroître nos
effectifs, à renforcer nos membres politiquement et idéologiquement, à
développer notre influence
et notre capacité de
mobiliser. Ces objectifs,
toujours essentiels pour tout
Parti communiste, ont
atteint pour nous aujourd'hui
le degré de
priorité le plus
élevé.
Camarades, permettez-moi d'aborder un dernier volet en traitant de quelques questions internationales concernant notre mouvement communiste. L'histoire nous enseigne, et les récents développements
le confirment, qu'à
mesure que la crise
cyclique et structurelle du
capitalisme
mûrit et que des
progrès surviennent dans
le cadre de la lutte de classe,
les possibilités
de changements
révolutionnaires augmentent.
Nous constatons aujourd'hui
que de tels
bouleversements ont lieu
particulièrement en Amérique
latine, et nous
renforçons nos liens
de solidarité envers
le socialisme de Cuba, envers
la Révolution
bolivarienne du Venezuela,
envers le mouvement insurrectionnel
de la Colombie et envers
toutes les forces progressistes et anti-impérialistes qui se
renforcent davantage chaque
jour, ainsi qu'envers les
luttes du peuple palestinien et des peuples du monde entier.
Nous savons cependant que la crise systémique du
capitalisme s'approfondit et
qu'à mesure que les contradictions
inter-impérialistes s'accentuent le danger de fascisme et de guerre s'accroît. Nous
constatons que,
malheureusement, ces deux
phénomènes se
développent aujourd'hui dans
un grand nombre de pays et de régions
du monde. La
récente crise des
liquidités qui vient de
frapper l'économie des
États-Unis n'est, selon nous,
que la pointe de l'iceberg d'une crise économique bien plus
profonde qui secouera, comme
elle le fait
déjà, l'économie
mondiale tout
entière. Et nous
sommes aussi conscients que des
mouvements d'extrême droite
et néo-fascistes ont
fait leur
apparition dans plusieurs
pays d'Europe et d'autres continents.
L'augmentation ahurissante des arsenaux des grandes puissances et l'approfondissement de la crise environnementale constituent une menace aux proportions catastrophiques pour l'avenir même de
l'humanité. Et
aujourd'hui, le choix qui se présente
à nous n'est
plus le même qu'à
l'époque de Rosa
Luxemburg, qui disait que
nous devions choisir le socialisme
ou la barbarie. De nos jours
c'est de plus en plus entre le socialisme
ou l'extinction que nous devons
choisir. Dans de telles
circonstances, il est crucial que nous, communistes, prenions les luttes pour les droits des travailleurs et les droits démocratiques, et les luttes
contre les agressions
impérialistes et la
guerre comme axe central de
notre travail.
Il nous faut, pour cela, lutter sur
deux fronts : sur le front
idéologique nous devons
intensifier la «bataille
des idées» en
combattant
résolument l'anti-communisme
et en devenant les fermes
défenseurs du
socialisme en tant que seule
option de rechange au capitalisme
parvenu au stade de
l'impérialisme (et de
la crise); sur un autre front,
nous devons continuer d'établir et de renforcer toutes les alliances s'opposant aux agressions,
défendant la
souveraineté nationale et
empêchant les
offensives impérialistes contre les droits démocratiques et
les intérêts
sociaux et
économiques de la classe
ouvrière et du peuple.
Nous devons donc,
évidemment,
travailler conjointement avec
les forces
politiques et sociales dans
ce sens, même avec
certaines d'entre elles avec
lesquelles nous avons de
profondes divergences idéologiques
et des litiges sur certaines
questions. Nous ne
devons pas céder le
moindre
centimètre de terrain
sur le plan
idéologique et nous ne
devons faire aucun compromis sur
le plan de nos conceptions révolutionnaires.
Par contre
nous devons éviter que
la
fermeté de nos principes
constitue un obstacle
à l'établissement d'alliances et le développement de l'unité. Nous devons
développer des liens
d'unité, aussi
temporaires ou vacillants
soient-ils, et
éviter de
déraper et de tomber dans
des positions sectaires.
En terminant, camarades, nous devons adopter la ferme résolution de renforcer la coopération et
l'unité d'action au
sein de notre propre
mouvement sur le plan
international. Nous sommes
d'accord avec le point de vue
exprimé par certains
partis au cours de cette fin
de semaine: alors que nous
sommes en train
d'évaluer tout ce que
nous avons
réalisé au cours
de la dernière
décennie pour rétablir
et reconstruire nos
liens par ces rencontres,
nous ne pouvons nous permettre
d'être satisfaits et
vaniteux quant au niveau
d'interaction et de coopération
que nous avons
atteint. Évitons toute
sémantique ou rhétorique au cours du débat sur la pertinence
de reconstruire une
Internationale communiste.
Engageons-nous plutôt,
avec détermination, à adopter des mesures pratiques et
concrètes permettant
à nos rencontres d'être plus axées et efficaces sur la
réalisation d'actions
concrètes,
collectives et coordonnées
des communistes
sur le plan international.
Nous croyons que le moment est venu de réaliser, dans le domaine
de la coopération et
de l'unité entre nous, des
progrès dans ce sens,
malgré la diversité
de nos points de vue
sur certaines
questions. Avançons,
camarades, avec
détermination et de
façon réfléchie
et respectueuse. Nous devons beaucoup
aux fondateurs de notre grand
mouvement, Marx, Engels et
Lénine, entre autres. Et
nous devons beaucoup
également
à nos peuples quant
à leur avenir et
au futur de l'humanité.
Merci beaucoup, camarades.
16. À la mémoire du camarade Bill
Stewart, vétéran du Parti communiste du Canada
Le
camarade Bill Stewart,
vétéran du
Parti communiste du Canada, a
longtemps été membre du Comité central et du Comité
exécutif central. Il a
été
secrétaire de la Commission
syndicale et
ouvrière, chef de la
région de l'Ontario
et, jusqu'au dernier
Congrès
central du Parti, membre de
la Commission centrale
d'appel.
Il décédé dans
la matinée du 30 janvier
2008, après avoir
subi, il y a trois mois, un
accident cérébrovasculaire. Il avait 86 ans.
Bill Stewart est né à
Hamilton. Il a 17 ans quand
la Seconde guerre mondiale
éclate. Il
combat dans les
blindés en Europe. Son
tank est touché et Bill est gravement brûlé.
De retour au Canada, Bill travaille comme électricien. Reconnu pour son militantisme syndical, il devient organisateur syndical.
Dans les années 50, Bill
Stewart, Madeleine Parent et
Val Bjarnason dirigent la
grève de Stratford. Bill
était très
apprécié pour ses conseils avisés, sa longue
expérience et son sens
de l'humour. Orateur
extraordinaire, Bill
était capable de
galvaniser les foules. Il
manquera profondément
à toutes et à
tous les camarades qui l'ont
bien connu et
apprécié.
Des
condoléances peuvent
être envoyées à la camarade
Dora Stewart à l'adresse suivante :
Dora Stewart
5851 Somerset Ave.
Peachland, BC
V0H 1X4
Courriel
: stewarts19@shaw.ca
17. La nouvelle
année commence et la lutte continue
Traduction d’un
article du
numéro du 1er au 15 janvier 2007 de
«People's Voice», principal journal
communiste anglophone du Canada. Tout article peut être reproduit
gratuitement si la source est indiquée.
par Sam Hammond
Le capital financier du Canada suit l'agenda impérialiste
dirigé par les États-Unis. Il travaille politiquement et
militairement en
collaboration avec ce pays pour écraser toute opposition,
détruire tout modèle
différent de
type socialiste, empêcher le développement de tout rival
pouvant surgir parmi les pays
du tiers monde et saisir le
contrôle de toute
propriété, de toute
ressources, de tout
marché de tout peuple.
Le cannibalisme et la
compétition entre les
puissances impérialistes
et leurs États font
partie de cette
équation, en raison de
la rivalité entre
les grandes entreprises
capitalistes. Leur nature
fondamentale est de se battre
pour une plus grande part du
gâteau, ce qui
cause des guerres, des
souffrances humaines, de
la misère et des
désastres
écologiques. Ces
phénomènes sont
permanents et s'aggravent.
Telles sont, en quelques mots,
les caractéristiques du
capitalisme parvenu à
son stade
suprême, l'impérialisme, étape finale de ce mode de
production.
Engagés à fond de train
dans la course pour la
domination mondiale,
les États
impérialistes présentent deux aspects : ils coopèrent d'une part et
rivalisent entre eux d'autre
part. L'impérialisme états-unien,
en raison de ses contradictions
inhérentes et
de son plan visant à
assimiler le Canada
matériellement et
politiquement, a provoqué
une crise dans le secteur
manufacturier,
une course au
démantèlement
des programmes sociaux et
à la privatisation.
Il nous a
entraînés dans des
aventures militaires impérialistes
et a
créé des conditions sociales auxquelles devront faire
face la classe
ouvrière canadienne en
général et le
mouvement ouvrier et syndical en
particulier.
En tant que partenaire junior de la famille impérialiste, la
classe dirigeante canadienne
s'est servie de nos
ressources, de notre
énergie et de la
productivité de notre
peuple comme d'un atout dans
le jeu impérialiste.
Cette classe
dominante, par sa
servilité à
jouer ce jeu, nous a conduit
à la signature de
l'Accord de libre échange
nord-américain
(ALÉNA), a ouvert nos
ressources et notre infrastructure industrielle déclinante
à la domination et au
contrôle par des intérêts étrangers, a entrepris le transfert massif vers
les coffres des grandes
entreprises, de nos richesses
qui étaient de
propriété publique et des profits qui proviennent du
travail du peuple canadien.
Et ce n'est que le commencement. Ces plans visent une plus grande
intégration, la
sécurité continentale, le contrôle des ports, l'intégration
militaire et l'Accord sur le
commerce, l’investissement et
la mobilité de la
main-d’oeuvre
(TILMA). Tous ces plans
visent l'assimilation.
La servilité des
gouvernements
canadiens successifs et,
particulièrement, celle du plus dangereux d'entre eux, le
gouvernement Harper,
constitue une trahison et un crime.
Il ne s’agit pas simplement
d’une des phases de
ralentissement propre
aux cycles habituels
d’effondrement et
d’expansion qui
caractérisaient le
capitalisme de type ancien.
Au cours de ces phases de
ralentissement, les travailleurs
se privaient et essayaient de
survivre
jusqu’à la prochaine
phase d’expansion. La crise actuelle
présente,
contrairement aux crise antérieures,
des
caractéristiques uniques, entre autres un taux relativement
élevé d’emplois
accompagné de
l'appauvrissement relatif et
absolu des travailleurs, ainsi
que la substitution graduelle
des emplois et des
services bien
payés du secteur de la
production
manufacturière et
industrielle par des emplois de
survie, à temps
partiel, à des salaires
situés en dessous du
seuil de la pauvreté, dans le domaine de la vente au détail
et dans les "Mc-emplois".
Cette situation a
entraîné, de la part du secteur syndiqué de la classe
ouvrière, d'une part
une résistance
accrue, mais d'autre part
aussi une soumission aux patrons
d'offres régressives
de paix, de coopération,
de collaboration
de classe. Certains
préfèrent
marcher main dans la main
avec les grandes entreprises et réduire leurs revendications
plutôt que de risquer
de subir un refus. Ils
considèrent les
grandes entreprises et les
gouvernements à leur
service comme
constituant un fait
éternel, bien trop
solide pour qu'on essaie de
leur résister. Ces personnes préfèrent se soumettre
et chercher à profiter des
"meilleures occasions disponibles". Quant à la majorité des
travailleuses/eurs, elles et
ils ne sont pas
entièrement décidéés/és
à choisir un pôle
ou l'autre : l'option de la
résistance aux patrons ou
celle de la collaboration avec ces derniers. Ils seront cependant
entraînés dans
les luttes de masses qui s'annoncent et devront choisir de quel
côté se ranger
pour assurer leurs moyens de subsistance et garantir leur avenir.
Au cours de ce processus, un grand nombre d'expériences, d'examen
de conscience, de changements
de camp se développeront
de toutes parts
alors que les
travailleuses/eurs essaieront de
s'en sortir et de nourrir
leur famille. La
situation actuelle a
provoqué une toute nouvelle renaissance de la Gauche. Ce
phénomène est
très important, non
seulement par sa rapide
croissance mais surtout parce
que la Gauche est devenue une
nécessité absolue.
Le bien être de notre peuple,
notre souveraineté et
l'avenir des
nations qui constituent le
Canada exigent le
développement de la
résistance. Seules la
résistance et la lutte
contre l'agenda du grand capital
pourront protéger les
conquêtes arrachées
au cours des générations, entre autres notre mouvement ouvrier
et syndical, qui doit
être
seulement à nous, qui
doit être notre instrument.
Mais si la tendance à
la soumission et au
partenariat avec le patronat
prenait le dessus, la classe
ouvrière serait d'une
part dominée par une
direction qui représenterait les intérêts des grandes
entreprises, d'autre part
elle se laisserait arracher les richesses de notre pays et extorquer la force de travail de notre peuple afin de
financer et renforcer
l'agenda militaire et
politique de l'impérialisme
pour
l'intensifier. Il faut rejeter
l'impérialisme et
protéger tous les peuples
: ces principes sont
fondamentaux, du point de vue
matérielle et
pragmatique, pour
développer
l'unité, la solidarité et l'internationalisme.
Dans ce contexte, nous avons pris la ferme décision de nous opposer
à l'accord établi
entre l'entreprise
Magna et les dirigeants du
Syndicat des
Travailleurs canadiens de
l'automobile (TCA). Cet accord
cède le droit de
grève. Il élimine la tradition d'indépendance
par rapport aux
patrons, de représentation
partisane en faveur des
travailleuses/eurs, de contrôle
par les travailleuses/eurs. Il remplace
cette tradition par un
partenariat basé sur
l'efficacité,
la productivité et le dévouement
des
travailleuses/eurs envers l'agenda
des grandes entreprises.
Nous avons observé
attentivement la tendance de
certains membres de la
direction du mouvement
syndical qui favorisaient des
accommodements avec les principales
grandes entreprises. Cette tendance
ne se limite nullement aux
TCA, mais c'est dans certains
secteurs industriels comme
celui-ci qu'il est plus
évident. Nous nous
sommes toujours
opposés au maraudage
et aux querelles entre les grands
syndicats. De telles pratiques empêchent
le développement d’un front uni et d’une action unifiée.
Nous avons été
consternés
par l'intransigeance
manifestée par la
social-démocratie
présente au sein de la
direction syndical, quand celle-ci
a annulé les
Journées d'action en Ontario,
quand elle a mis de
côté la résistance contre l'agenda
néo-libéral des conservateurs
et des libéraux,
et quand la Fédération
de Colombie
britannique a essayé
de freiner la
combativité des professeurs et des travailleurs de la santé durant leur grève, et quand
elle a voulu arriver à
des accommodements
avec les libéraux de
Campbell. Nous
avons exprimé notre
consternation face à la
diminution du nombre de
syndiqués et
à la pratique du
syndicalisme d'affaire qui encourage la compétition, la capture de
membres d'autres syndicats et
la proposition de fusion
comme solutions à la
diminution des effectifs
syndicaux plutôt
que l'organisation de
campagnes visant à syndiquer d'autres travailleuses/eurs.
Mais nous avons aussi appuyé
chacune des principales
campagnes
lancées par nos
syndicats. Nous avons
félicité et cité
comme exemple le
militantisme et la résistance
sans compromis sur les principes des institutrices/eurs et des
travailleuses/ eurs de la
santé de l’Ontario
et de la Colombie
britannique, la
résistance des Métallos
de Hamilton et les
centaines de luttes
syndicales et d'occupations
plus réduites de tout
le pays. Nous
avons été impressionnés
par la force et
le courage de la division
ontarienne du Syndicat canadien
de la fonction publique (SCFP) au
cours de ses actions très
courageuses en
solidarité avec le peuple
palestinien. Nos jeunes
militantes/ants ont
joué un rôle de
premier plan au cours
de la campagne pour
l'augmentation du salaire minimum
et se sont fait
reconnaître au sein du
mouvement syndical pour leur excellent
travail. Nous avons su qu'au Québec,
même si les
préparatifs pour une mobilisation générale
du mouvement syndical a
échoué, le
branle-bas de combat a
fortement secoué le
gouvernement. Au sujet de la
dernière ronde
de négociations face
aux «trois grands de
l'automobile », notre
évaluation
était à la fois critique sur certains points et
élogieuse dans l'ensemble,
car sous la pression des membres,
la direction du syndicat des TCA,
malgré quelques failles
mineures, a réussi
à
négocier honnêtement. Nous avons pris une position très
partisane en faveur des
travailleurs du Canadien
national (CN) engagés
dans une lutte
très confuse :
ils devaient faire face
à la fois à la
direction du CN, au maraudage entre syndicats et à la faiblesse de
la direction syndicale. Nous
avons
félicité les TCA d'avoir
fourni de l'appui et des
fonds pour la campagne
«Manufacturing Jobs
Matter » («Il
importe de
créer des emplois»), soulignée par la manifestation
de 40 000 personnes à
Windsor. Nous
avons présenté une
évaluation semblable,
à la fois critique et
élogieuse, du
mouvement syndical pour
élever le niveau de
conscience de toutes/tous les
militantes/ants
syndicales/aux progressistes.
Il
faut dénoncer les
dangers que comporte l'Accord de l'équité"
(Framework of Fairness), négocié
entre certains des dirigeants des TCA et l'entreprise
Magna. Cet accord pourrait changer
l'orientation des TCA. Ce syndicat est né du
refus de céder au patronat. Il a, par définition en tant
que syndicat, longtemps
représenté les aspirations et les espoirs de la gauche
syndicale et des mouvements pour la justice sociale. C'est un syndicat
canadien, solidement axé sur l'action
militante et le contrôle par les membres
de la base.
Neutraliser
l'idéologie de
lutte des TCA consisterait à priver des
centaines de milliers de personnes de leur propre
instrument indépendant de lutte pour la
justice sociale. Il ne s'agit pas de savoir
si, oui ou non, plusieurs milliers de
travailleurs de ce secteur auront, pour eux tout seuls, une
augmentation de salaire :
nous voulons des augmentations encore plus importantes, et cela
pour toutes et
tous les travailleuses/eurs du pays. C'est
ce que veulent toutes les personnes
critique de l'accord Magna. Toute/tout
syndicaliste d'expérience ayant siégé à un
comité de négociation a
été confrontée/é a
la nécessité de savoir
sous quelles conditions les salaires sont gagnés,
d'obtenir des améliorations des salaires
et des conditions et de combattre la
corruption des entreprises. La corruption aurait
pour effet de diviser les membres,
d'infiltrer le
syndicat et de
neutraliser les
représentantes/
ants de la base
aux assemblées.
Seules les
personnes
inexpérimentées peuvent croire que nous ne luttons que
pour l'augmentation du salaire
horaire. Un tel économisme moderne
condamnerait la classe ouvrière, pour
l'éternité, à courir derrière une carotte
toujours hors de portée. Il suffit de considérer le
nombre de grèves
déclenchés pour de meilleures conditions de travail, pour
la santé et la sécurité au
travail, pour la reconnaissance et la protection du syndicat. Les
syndicats ont été le
fruit d'une lutte victorieuse remportée pour nous par les
générations antérieures. Et nous devons
à tout prix préserver les
syndicats pour les générations futures.
L'accord conclu
entre Buzz Hargrove et la Magna ne permet pas aux TCA d'avoir prise sur
Magna autant qu'il
permet à la Magna d'avoir prise sur
le mouvement syndical et ouvrier. Il faut
comprendre que les critiques formulées
contre l'accord signé avec la Magna
et contre l'appui donné par Buzz
Hargrove à l'un des principaux partis bourgeois ne
sont nullement des attaques
dirigées contre les TCA. Elles font partie
intégrante de la lutte pour maintenir indépendant et au
service de la classe ouvrière
le mouvement syndical. Elles sont en harmonie avec les voix, puissantes
et
fidèles aux principes, qui
s'élèvent au sein des TCA. Ces voix promettent de ramener
leur syndicat à ses fondements
constitutionnels et à sa lutte historique pour
la démocratie des membres.
L'accord avec la
Magna a
été signé sans la participation ou
l'approbation des membres de la base du syndicat. Les personnes qui
exigent une discussion avec la base doivent, d'abord et avant tout,
présenter cette demande
aux dirigeants des TCA. L'accord avec la Magna n'est pas un contrat
quelconque. Il
constitue un risque de changement fondamental de la politique qui
pourrait
transformer la direction des TCA et ouvrir la
porte aux demandes des entreprises dans tous les lieux de travail et
dans tous les
syndicats de ce pays.
C'est pour cela
que 800
déléguées/és du Congrès de la
Fédération du travail de l'Ontario ont adopté
à
l'unanimité une résolution critique à
l'égard de l'accord TCA-Magna. Ces
déléguées/és avertissent les employeurs et
le gouvernement qu'elles et ils ne tolèreront aucune
ingérence quant la gestion et à
l'indépendance de leurs syndicats. C'est pourquoi cet accord a
suscité un tel
débat au sein du mouvement ouvrier. Ce débat
dépasse l'accord lui-même. Il remet en question le
passé et le
présent. Car le rejet de l'accord avec la Magna ne
suffit pas. Il doit conduire à faire
comprendre les conditions qui ont conduit
à la signature de cet accord. Et le rejet de cet
accord doit fournir des solutions de rechange qui soient
réalisables.
En refusant de
lutter contre les
conservateurs, la Fédération du
travail de l’Ontario a, en fait, administré un
somnifère dont l'effet dure jusqu'à nos
jours. Même des syndicalistes de droite, qui avaient
promu Wayne Samuelson, limité
l'action syndicale à chaque entreprise,
réfuté les TCA, leur programme d'action et son
intégration dans le mouvement de la justice
sociale et de sensibilisation, ont ri en
privé de l'absence de campagne de
syndicalisation et d'organisation solide.
Le Congrès
du travail du Canada (CTC) a également
réussi à somnoler alors qu'avait lieu le plus grand
pillage d'emplois dans le secteur
manufacturier, la plus grande hémorragie d'emplois et la ruine
de familles la plus dure jamais connus dans ce pays. Le CTC a, bien
sûr, effectué des tas
d'importantes recherches et rédigé des tas de
mémoires. Mais il n'a pas mené, sur le
terrain, de campagnes politiques visant à
en appliquer les conclusions de ses études.
La signature de l'accord TCA-Magna est
liée au manque d'action de la part des
directions des syndicats, alors que la classe ouvrière s'enfonce
dans la
crise. Malgré les pressions, les TCA se sont
donné le luxe de s'isoler des bases
syndicales, et les effets de leur absence et du vide ainsi
créé se sont
répandus sur les autres syndicats, créant ainsi une
expérience dangereuse. Mais comment résoudre ce
dilemme? Face à l'immensité de
l'attaque que constitue cet accord et à
l'inefficacité de leurs syndicats, un grand nombre de
travailleuses/eurs et de syndicalistes se sentent
dépassés. Elles et ils
désespèrent de trouver des moyens leur permettant de s'en
sortir. La situation actuelle
conduira certainement à un plus grand
repliement des syndicats sur eux-mêmes et
à la signature d'autres accords semblables
à celui de la Magna si aucune solution
n'est présentée. La
nécessité de
développer la gauche naissante et le Parti communiste, devient
un point crucial pour le
recrutement de centaines de milliers de travailleuses/eurs dans la
lutte pour le
contrôle de nos vies et de notre environnement social. La
question n'est pas
«si» des changements sont possible, mais bien
«comment» procéder pour que les changements soient
possibles.
Pour la
première fois depuis
une décennie, des débats ont
éclaté au sein du mouvement ouvrier. Leur contenu permet
de saisir les positions qu'adoptent
les travailleuses/eurs et les idées qui circulent maintenant. Il
permet de mesurer la possibilité de former une
alliance et d'organiser la riposte. Le présent
débat est alimenté par le rejet du
modèle de partenariat qui avait été
proposé le 7 décembre au Conseil des TCA. Et ce
débat a créé une gauche aux idées plus
claires, qui commencent à prendre des
allures d'organisation et de programme au sein du syndicat.
Le conflit en
cours est propre aux membres des TCA. Il influencera
cependant l'ensemble de la réflexion qui
se développe au sein de la classe
ouvrière. Il deviendra ainsi le débat de toutes/tous les
travailleuses/eurs. La question
des solutions de rechange stagnera si
elle ne reste qu'à l'état de
débat. Il faut
développer le fond de la question et le
programme. Ce dernier doit être assez large pour attirer les
diverses couches de
la population dans l'action de masse. Il serait erroné de
commencer en
se limitant à une base étroite pour
ensuite continuer de façon toujours plus
étroite. Les aspirations sont plus grandes : nous voulons un
monde différent,
l'émancipation des travailleuses/eurs, la justice sociale et la
défaite de nos exploiteurs.
Tout cela doit faire partie de ce débat,
mais, pour commencer, il faut fixer immédiatement
dans nos propositions des objectifs
très précis, pratiques et réalisables, qui
changeront la carte politique du Canada.
Les TCA ont pris
l'engagement de ne pas laisser le système
"à deux vitesses" de salaires s'installer au Canada au
cours de la prochaine ronde de
négociations avec les "Trois Grands" de
l'automobile, cet automne. Malgré les
sentiments que peuvent avoir les membres au sujet de l'accord avec la
Magna, c'est ensemble que nous devons faire de ce point la
priorité, une priorité pour l'ensemble
du mouvement ouvrier et pour ses alliés au
sein des mouvements qui luttent pour la
justice sociale. Les TCA ont une position
tout à fait correcte sur ce point, et après le fiasco des
Travailleurs unis de l'automobile
et des concessions accordées aux
États- Unis la pression en ce sens sera
immense.
Rien n'excuse le
sectarisme sur cette question. Il est possible, à
la fois, de rejeter l'accord avec la Magna et
d'appuyer le syndicat chaque fois où il
défend les droits des travailleuses/eurs. Il
nous faut plus de maturité, nous
devons élargir l'unité,
particulièrement quant à la lutte contre le
système de salaires
à deux vitesses. Un tel système
serait trahir les jeunes travailleuses/eurs. Il aurait
pour conséquence finale de les
éloigner du syndicat. Une défaite des TCA
sur cette question serait le début d'une
offensive généralisée du
grand capital contre les salaires, contre les avantages
sociaux et contre les conditions de travail de
toutes/tous les travailleuses/eurs du pays.
Il est possible de
ranimer la lutte
contre le libre-échange et
d'intensifier les luttes contre le Partenariat
nord-américain pour la sécurité et la
prospérité (PSP), contre l'Accord sur le commerce,
l’investissement et la mobilité de la
main-d’oeuvre (TILMA) et contre le projet de libre échange
«Atlantica» (Région économique du nord-est
atlantique). Les luttes
contre ces accords ont déjà
commencé. Elles sont assez développées
pour permettre l'établissement d'alliances et
le renforcement de l'unité. La lutte pour la
préservation de l'industrie canadienne, aussi bien
manufacturière et dans les
autres secteurs, doit être axée sur la revendication
suivante : la re-possession de nos
ressources, de notre industrie de base, des secteurs
manufacturiers et
industriels, des transports et, somme toute, de la
propriété publique.
Nous devons éduquer nos jeunes sur tout ce que nous avons perdu.
Nous devons les mobiliser dans les luttes pour la reconquête
de notre pays, pour le peuple, pour eux. Nous devons
développer la
fabrication de matériel agricole, de machinerie lourde et
d'équipement maritime,
développer nos réseaux de transport
ferroviaire ainsi qu'une multitude de programmes
énergétiques rationnels.
Il n'y a pas de
raison pour que nous demeurions les éternelles
victimes des entreprises automobiles appartenant
à des capitaux étrangers. Elles
n'ont pour seul intérêt que les
profits et elles nous abandonnent dès qu'elles
peuvent faire de meilleurs profits ailleurs. Il
nous faut, à court terme, un autre Pacte de
l'automobile, et, à long terme, une
industrie automobile qui soit financée par des fonds publics,
dont les produits soient
construits au Canada, mus par des sources
d'énergie non polluantes et conçus en
fonction des besoins de notre peuple, de notre marché et
de notre climat.
L'avenir immédiat s'annonce difficile et nos
tâches sont immenses, mais la classe
ouvrière a une longue histoire de lutte et la
capacité de diriger. Et les travailleuses et les
travailleurs ont la force qui leur permettra de
(détenir et contre-attaquer).
18. Le Rapport
Manley
appuie les pressions visant à étendre la "mission" en
Afghanistan
Traduction d’un
article du
numéro du 1er au 15 février 2008 du «People's
Voice»,
principal journal communiste anglophone du Canada. Tout article peut
être
reproduit gratuitement si la source est indiquée.
Par Kimball Cariou
Qui est surpris que le premier
ministre Stephen Harper ait
accepté la
recommandation de la
commission Manley
d'étendre la "mission"
militaire du Canada en
Afghanistan? Son approbation
est accompagnée
d'une condition : «les
alliés
de l'OTAN doivent renforcer
l'effort», et des
démarches dans ce sens
sont fort probablement déjà
en voie
d'élaboration.
Le nombre de militaires canadiens tués en Afghanistan atteint
maintenant le chiffre de 78,
et si les taux de 2006 et de
2007 se maintiennent, une trentaine
de soldats canadiens
pourraient mourir
chaque année sur la ligne
de front de l'occupation du pays par les États-Unis/OTAN. Comme la députée afghane
Malalai Joya l'a souligné
lors de sa
tournée au Canada l'automne
dernier, les forces
militaires occidentales
appuient, en fait, les seigneurs
de la guerre de l'«Alliance du Nord», qui, corrompus,
brutaux et réactionnaires,
dirigent le
gouvernement actuel,
mais font bien peu de chose
pour atteindre les
prétendus objectifs :
apporter
égalité et démocratie en Afghanistan.
Fort probablement pour ne pas se montrer trop impatient, Harper a
attendu presqu'une semaine
avant de faire
connaître ses premiers
commentaires officiels sur le
rapport
élaboré par
le panel "indépendant et
au ruban bleu", dirigé
par John Manley,
exministre des Affaires
étrangères, politicien farouchement pro états-unien.
Visiblement satisfait de
l'idée maîtresse du
rapport, Harper a annoncé, le 28 janvier, que «le gouvernement accepte la recommandation
spécifique du panel,
qui propose l'extension de
la mission du Canada en
Afghanistan si certaines
conditions sont
remplies». La condition
est l'envoi d'au moins mille
autres soldats de l'OTAN dans la
province de Kandahar. Harper a indiqué que son gouvernement va entamer des «efforts
diplomatiques avant la
réunion d'avril de
l'OTAN à Bucarest pour
que ces conditions soient
remplies».
Le panel a rejeté toutes les
options permettant le retrait
des troupes
canadiennes, qui était
prévu pour
février 2009. Il
propose plutôt une
prorogation d'une
durée indéfinie,
soi-disant combinée
à un
recentrage progressif, d'abord
sur la reconstruction, puis
sur le retrait, pendant que
d'autres
soldats afghans
reçoivent un
entraînement. Le
rapport établit des
"paramètres" à réaliser selon un calendrier
peu précis s'étalant
sur deux ou trois
ans.
En guise de "critique", le groupe spécial indique que les
gouvernements successifs
n'ont «pas réussi à expliquer adéquatement aux
Canadiennes/ens pourquoi les
troupes canadiennes sont en
Afghanistan», et d eman
d e i n s t a mmen t un e "amélioration"
de la
stratégie de communication. En d'autres termes, les membres du groupe commencent le document en appuyant la mission de combat et terminent en concluant que le rôle du gouvernement et de
l'armée doit
s'efforcer de surmonter
l'opposition de la
majorité des Canadiennes/iens
qui croient que la mission doit cesser au cours de l'année
prochaine.
Certaines organisations ayant une analyse plus claire de la situation
réelle de
l'Afghanistan ont réagi
surtout négativement.
«Le rapport Manley contient
beaucoup de bonnes choses,
mais ses
recommandations sont un
facteur potentiel d'une plus
grande
insécurité pour
les Afghanes/ans et non le contraire»
a déclaré Gerry Barr, président du Conseil canadien pour la
coopération internationale
(CCCI), coalition regroupant
une centaine d'ONG canadiennes.
Barr a déclaré qu'une
trop grande partie de ce
rapport est
consacrée au renforcement
de la présence
militaire internationale,
comme si le conflit ne pouvait
être
réglé que militairement. «Nous savons que cela est peu
probable .... Donc si nous
sommes vraiment préoccupés
par la vie
et la sécurité de nos hommes et de nos femmes en uniforme, nous devons investir beaucoup plus dans les efforts et les mesures visant à mettre fin au
conflit».
Il a souligné le fait que les
efforts de paix doivent tenir
compte du fait que ce conflit
est dû à des causes historiques, à des questions
géopolitiques régionales
et à des
griefs légitimes sur
le partage des ressources et du
pouvoir politique. Il s'est
également dit
déçu du fait que
le panel n'ait pas analysé
les conséquences de
l'envoi d'aide
militaire. «Les ONG
canadiennes oeuvrant sur le
terrain en Afghanistan ont maintes
et maintes fois
souligné que cette
pratique transforme les
travailleuses/eurs
humanitaires et les Afghans en
cibles de guerre et ne présente souvent aucun avantage pour la sécurité à long
terme ou pour le
développement »,
a affirmé Barr.
Aucune stratégie de sortie
autre que les
négociations n'est
possible pour le Canada, ont
souligné le Groupe des
78, le Comité de
coordination canadien de la
paix et le Mouvement fédéraliste
mondial,
dans leur réponse
commune au rapport. Ces groupes
ont déclaré que
le Canada doit changer de
position et concentrer ses
efforts pour favoriser
l'établissement de
négociations politiques et d'un processus de
réconciliation dirigés par des Afghans.
Bien que ces ONG apprécient le
fait que le rapport mentionne
la
réconciliation nationale,
M. Ernie Regehr, co-fondateur
de Project Ploughshares, a
souligné que «le
concept de réconciliation contenu dans le rapport est basée sur un modèle
visant l'amnistie plutôt
que sur un processus exhaustif
cherchant à
régler des intérêts fondamentalement contradictoires
».
«Dans leur description des
talibans, les auteurs du
rapport reconnaissent que le
combat actuel vise la poursuite
de la guerre civile
existante et affirment que la
réconciliation «finira»
par être
atteinte, mais ne précisent pas ce qu'il faut faire pour
encourager et soutenir un
processus de paix et ne
fournissent aucune
recommandation novatrice pour
aller de l'avant dans ce
sens» a
déclaré David Lord,
directeur de la CPCP.
Un autre groupe d'ONG a
souligné le fait que
l'Afghanistan a besoin
d'un développement qui
soit
«coordonné et non
coopté». CARE, Oxfam
et World Vision ont
exprimé leur
inquiétude quant
aux recommandations du
rapport relativement au
développement, affirmant
que «les Afghans ont désespérément
besoin d'un développement qui soit efficace, qui appartienne à la communauté et qui
soit coordonnée et non
coopté par une stratégie
militaire».
Les groupes constatent que le rapport
met l'accent sur des projets
de développement
à impact rapide, choisis pour des raisons militaires offrant quelques avantages durables pour les
Afghans, pour les civils ainsi
que pour les
travailleuses/eurs
humanitaires qui se trouvent
souvent en situation de
danger. Ils ont également critiqué la recommandation
selon laquelle une plus
grande partie de l’aide
bilatérale soit fournie
dans le cadre de projets
à Kandahar au détriment des autres régions. La
stratégie d’aide
particulière à
Kandahar, a déclaré le président de Vision mondiale Canada, Dave Toycen, conduit à
une inégalité
de la
répartition de l'aide et crée des griefs dans d'autres
parties de l'Afghanistan.
À Oxfam Canada, Mark Fried,
coordonnateur de la
défense des droits déclare
que «les militaires n’ont ni les compétences ni l'endurance
nécessaires pour
entreprendre du développement à long terme,
éléments dont les Afghans ont besoin et sur lesquels
ils aimeraient compter.
Les projets
à impact rapide sont
trop souvent
synonyme d'aide
inefficace».
Michael Byers, analyste
respecté les affaires
étrangères, qui tient une Chaire de recherche du Canada en politique globale et en droit
international à
l'Université de
Colombie britannique, a
refusé de comparaître devant le panel soi-disant "indépendant" de Manley. Alors
qu'il était au
début
favorable, il a rapidement r
é a l i s é q ue l e
mot «indépendant»
est
un «abus de langage »
car il serait
«difficile de trouver cinq
personnes plus susceptibles de
recommander une prolongation de la mission que messieurs Manley, Derek Burney, Jake Epp et Paul
Tellier et que madame
Pamela Wallin».
Dans un article
réimprimé en décembre et largement diffusé, Byers a
indiqué que les
membres du panel ont
été triés
sur le volet par le
premier ministre et qu’ils
étaient «exagérément dépendants du
gouvernement». Leurs options
excluaient effectivement des solutions de rechange politiques
telles que la
négociation avec les
talibans ou le remplacement
des troupes de l'OTAN par des
casques bleus de l'ONU.
«Bien que je sois triste de
devoir le dire, le panel de
Manley constitue une
imposture», a conclu
Byers.
19. La "mission"
ou
l'aventure afghane du Canada
Traduction d’un
article du
numéro du 1er au 15 février 2008 du
«People's Voice», principal journal
communiste anglophone du Canada. Tout article peut être reproduit
gratuitement si la source est indiquée.
Par Anthony Black
L'invasion et l'occupation de l'Irak,
dirigée par Washington,
a
commencé par un Acte
1, qui consistait en une
opération visant
à
«éliminer les armes de destruction massive», s'est poursuivi par
un Acte 2, où,
après un
changement de costumes, les
personnages allaient «apporter la démocratie aux
sauvages», et débouchait sur un Acte 3, qui est une transformation subtile de l'acte
précédent et dans lequel «la responsabilité du
chaos retombe sur les
victimes». Il en est de
même quant à la
soi-disant "mission" qui se
déroule en Afghanistan
: le gouvernement nous a servi
mensonge scandaleux
après mensonge scandaleux
comme explication des objectifs
visés.
Acte 1 - Oussama quoi?
C’est ainsi que l’Opération
«Enduring Freedom»
(«Maintenir la
liberté») a
été déclenchée
ostensiblement en tant que campagne
de vengeance
justifiée visant à mettre Oussama Ben Laden à
genoux. Cette campagne aurait
été un peu moins ridicule
du point de vue logique, premièrement, si l’un des prétendus pirates
de l’air du 11 septembre
avait
été afghan (or parmi ces 19 personnes 14
étaient Saoudiens, 1
Égyptien, 2 Libanais et 2
étaient originaires
des Émirats arabes
unis); deuxièmement si
les talibans,
qui sont isolationnistes,
avaient eu préalablement vent de l'attaque (or celle-ci a
été planifiée en Allemagne), et,
troisièmement, si les
talibans n'avaient pas
accepté de remettre
Ben Laden à une cour
internationale de justice
indépendante si on
leur montrait des preuves de
la
culpabilité de ce
dernier (or cette offre a
été repoussée par le régime Bush, fait qui,
par la suite, a été
complètement
supprimé de la "presse libre").
Bien sûr cet exercice
colonial/impérial n’est
pas dû à "Oussama
Ben Laden", qui demeure
toujours disparu, pas plus que
la guerre d’Irak n’était
due aux "armes de destruction
massive", qui
n'ont jamais
été
trouvées. Ainsi, lentement mais sûrement, le personnage d'"Oussama" a disparu en tant que
raison de la mission, presque
comme s'il ne l'avait jamais
été. Fin
de l’Acte 1, début de
l'Acte 2.
Acte 2 – La diabolisation en
fonction
des besoins
Le régime Bush et ses
alliés n’ont, très
avantageusement, pas
réussi à capturer Ossama Ben Laden. Vous comprendrez bien sûr que sa capture aurait freiné cette frauduleuse
"guerre contre le terrorisme".
Ils ont alors, sans
hésiter, invoqué,
pour envahir et
occuper l'Afghanistan, un
prétexte nouveau et
amélioré : la
nécessité de
procéder à un changement de régime. Après tout
les talibans n’étaient-ils
pas, à
tous les égards, un groupe
louche qui passait son temps
à nier les droits des
femmes et
à faire exploser des
monuments archéologiques? En tant que tels, ils étaient
des candidats rêvés
pour les besoins
de la propagande.
Le seul ennui, bien sûr,
était que les talibans
étaient nos anciens
alliés. Ils faisaient,
en effet, partie des
moudjahidine, les fameux
"combattants de la
liberté", glorifiées,
titre après
titre à la "une" de pratiquement
tous les journaux d’un
bout à l’autre de
l’Amérique
du Nord et à travers l’Europe
pendant toute une
décennie, celle des
années 80. Mais nos
médias ne faisaient
pas leur éloge
que pour cela : les talibans,
malgré
l’inconvénient évident
de leur nature
théocratique et anti-progressiste,
présentaient un ou deux avantages
: d’une part ils avaient
apporté la paix et la
stabilité au
pays après une brutale
guerre civile et après
la période d'anarchie
totale qui avait
régné à la suite du départ des
Soviétiques; d’autre part ils avaient pratiquement anéanti
la culture du pavot en
Afghanistan et mis fin
à la fourniture 'héroïne
sur le
marché mondial de stupéfiants.
De plus, les
talibans étaient moins
sanguinaires et certainement
bien plus disciplinés
que leurs
anciens compagnons d'armes
anti-soviétiques, que
l’on désigne sous le
nom de
l’«Alliance du Nord».
Ces derniers sont
maintenant nos alliés.
Ce sont les seigneurs
de la guerre, qui, entre
autres exactions, dans leur compétition
pour le contrôle de Kaboul ont, en 1993 et 1994, après le
départ des Soviétiques
en 1989,
décimé la ville et massacré allègrement
environ 50 000 civils.
Pourtant, des faits aussi
insignifiants n’allaient pas
empêcher les
médias de restreindre
l’auguste liberté
de la presse. Nous
étions sur le sentier de
la guerre et nous avions
décidé que
les talibans devaient partir.
Et si les faits passés
et présents ne
correspondent pas exactement aux
objectifs moraux invoqués
- et en fait, ils n’y
correspondent pas du
tout - eh bien tant pis!
L’échiquier de Brzezinski
Les raisons invoquées pour
justifier l'invasion puis
l'occupation de
l'Afghanistan ont
changé. On utilise
maintenant le langage amorphe
des "droits des
femmes", de la "paix", de la
"reconstruction" et ainsi de
suite. Eh bien
figurez-vous que ces raisons
ne sont en aucune manière les véritables objectifs de la
mission militaire. La
stratégie est,
depuis le début, la
même : 1) sécuriser
le pays pour qu’il serve de
tête de pont en
vue de la pénétration
de la puissance militaire en Asie
centrale; 2) utiliser le pays
comme tremplin, de concert
avec l'invasion
de l'Irak, pour reprendre le
contrôle en Iran; et 3)
construire des conduits de gaz
et de pétrole partant
de la mer
Caspienne, passant par le
Pakistan et se rendrant jusqu’à
la mer d'Oman. Aucun
de ces objectifs n’est
secret. Il se
pourrait en effet qu’il n’y
ait que quelques très rares documents, mais non, ce n’est pas le
cas, les documents officiels
qui
décrivent ces objectifs
sont nombreux. Il se
pourrait aussi que ces
documents n'indiquent
pas clairement les objectifs
visés. Ce n’est pas le
cas non plus, les documents
officiels décrivent
clairement les objectifs et le
raisonnement qui sous-tendent
ceux-ci.
En effet, il suffit, pour voir
à quel point certains
de ces objectifs
stratégiques mondiaux
ont été explicitement décrits, de consulter un grand classique de la
Guerre froide intitulé
«The
Grand Chessboard: American
Primacy and Geostrategic
Imperatives »
(«Le grand
échiquier : primauté et impératifs
géostratégiques des États-Unis») de Zbigniew
Brzezinski. Ce livre
présente noir sur blanc
les plans visant la
première phase de
l’effondrement moderne de
l’Afghanistan.
Dans «Le grand
Échiquier», Brzezinski (conseiller à la
sécurité nationale sous Jimmy Carter et consultant vedette
auprès de plusieurs
administrations
étatsuniennes) se
vante d'avoir
élaboré le piège
qui a été
tendu pour parvenir à attirer
les Soviétiques en
Afghanistan afin de les
saigner dans le cadre d'une
version de la guerre du
Vietnam. En juillet 1979,
à cette fin, Carter avait autorisé l'attribution de 500 millions de
dollars pour créer ce
qui était
essentiellement une organisation
terroriste, une racaille
composée de seigneurs
de guerre féodaux, de
barons de la drogue et
d’extrémistes musulmans,
dans le but de renverser le gouvernement
laïque afghan.
C'est seulement après
la mise en oeuvre de
cette campagne de
déstabilisation
armée que les
Soviétiques, en partie en
réponse aux demandes
d’aide qui leur parvenaient
de Kaboul, et en partie
en
défense de leurs propres
intérêts
stratégiques, ont "envahi" le pays. La CIA a ensuite
renforcé la résistance
des "moudjahidin"
en fournissant à
ceux-ci des armes pour une
valeur de plusieurs milliards
de dollars, en grande partie
grâce au travail
des services de
renseignements pakistanais (Pakistani
Inter Service Intelligence
- ISI).
Dix ans plus tard, le pays est en
ruine et environ un million
d'Afghans sont morts. Le plan
de Brzezinski a
finalement portés les
fruits qu'il avait
prévus. Les Soviétiques,
épuisés par l'holocauste nazi, par 70 années de
siège économique capitaliste
organisé au niveau
mondial, par les 40
années de course
aux armements menée
à tombeau ouvert
par les États-Unis et,
comme
pièce de résistance, par leur propre
«Vietnam», qu’ils ont
durement subi, se sont finalement effondrés. Les
États-Unis, libérés des restrictions des efforts d'endiguement propres à la Guerre froide, se
sont immédiatement lancés
dans un ambitieux projet d'expansion
impériale qui
comprenait, successivement,
l'invasion du Panama,
la première guerre (ou
le massacre) du Golfe,
l'invasion de la Somalie et la
déstabilisation, le
bombardements et la destruction finale de la Yougoslavie.
Pendant ce temps, dans les
décombres de
l'Afghanistan, les moudjahidine se battaient entre eux pour le
contrôle du pays.
Après une brutale guerre
civile, l'une des factions,
celle des talibans (mot qui
vient de «talib», nom
d'un groupe d'étudiants
en religion), a
finalement pris le
dessus et a constitué un
État fondamentaliste, théocratique
et patriarcal
rigide. Ils ont
néanmoins,
également fait régner
de l'ordre dans le
pays, de sorte qu'il n’a pas
fallu longtemps pour
que la United Oil Company of
California
(Unocal) vienne demander de
l'aide pour
construire l'indispensable et
longtemps attendu
pipeline allant de la mer
Caspienne à
la mer d'Oman. Les
négociations se
poursuivaient à vive
allure quand, de
manière inattendue, au
printemps 2001,
quelques mois seulement avant
le 11 septembre, elles
avaient été interrompues. Unocal était immédiatement
intervenue au Congrès
indiquant qu’un «changement de régime» serait des plus
souhaitables. Le reste, comme
on dit, appartient maintenant à
l'histoire.
La "guerre juste"
J'ai été
particulièrement fasciné et je n'oublierai jamais la manière
dont la première invasion
de l'Afghanistan a
été rapportée
par les
médias. Jamais auparavant je n’avais vu une telle expression de joie dans les regards d’un si grand nombre d’hommes et de femmes qui présentent nos
actualités à la
télévision, alors
qu’ils et elles
décrivaient en détail le massacre des talibans. On avait
nettement l’impression de
voir des enfants moralement
carencés en train
de se réjouir du
spectacle de l'extermination
d'insectes. Et, dans les
faits, c'est plus ou moins ce
qui s'est passé sur
le plan militaire.
Nous ne saurons jamais exactement combien d'Afghanes/ans ont
été tuées/és au cours de la première vague
de l'attaque. De toute
façon cela ne semble
déranger un grand
nombre de personnes. On a
échangé des
chiffres variant dans les
environs de dix mille personnes,
mais ce sont, presque
certainement, que de grossières
sous-évaluations. Comme l'a rapporté le cinéaste
irlandais Jamie Doran dans
son documentaire «Afghan
Massacre: Convoy of
Death» («Massacre afghan,
convoi de la mort»),
après le siège
de Kunduz, au cours d'un
seul incident, environ 3 000
prisonniers ont
été massacrés
par les forces
spéciales étatsuniennes et par leurs cadres au sein de l'Alliance du Nord. Lors d’un autre
incident survenu à
Mazur-i-Sharif, plus
de 800 prisonniers talibans
ont
été massacrés, alors que la plupart avaient les mains liées derrière le
dos et se trouvaient dans un
cour fermée, par des
hélicoptères de
combat états-uniens, qui tiraient vers le bas en leur
direction, la justification
donnée
étant qu'il s'agissait d'une
"tentative d'évasion".
Dans le cas de ce massacre,
une série de
preuves évidentes
liaient ce dernier
aux déclarations de
l'administration Bush (entre autres la consigne de ne pas faire de
prisonniers). Serviles comme
toujours, les
médias ont d’abord
rapporté l’affaire
en jetant, comme d’habitude,
la faute sur les victimes,
puis ils ont invoqué une «amnésie totale relative
à des faits troublants
».
Tel est donc l'aspect moral de la
collaboration signée
par le Canada
relativement à
l’occupation actuelle de
l'Afghanistan.
Des conséquences
coloniales
Après la "pacification"
initiale du pays, qui s’est
révélée
extrêmement inefficace, on a procédé aux
magouilles coloniales habituelles, ce à quoi il faut toujours
s’attendre dans de tels cas.
Ainsi vers la fin
de l'année 2002 a eu
lieu la signature d'un
accord relatif aux 1 500
kilomètres
de pipeline trans-afghan.
Harmid Karzai,
exconsultant de la United Oil
Company of California,
a fini par être
placé au pouvoir, au
moyen d’élections
truquées, devenant le
souverain fantoche de
l'Afghanistan. La
majorité des
députés "élus" du nouveau gouvernement se sont
avérés être, ô surprise, d'ex-seigneurs de
guerre féodaux liés
à la drogue, alors
qu'ils sont accusés
d'avoir
perpétré des massacres, des viols en masse et une série de
crimes de guerre.
L'Alliance du Nord a fait
renaître, allègrement, comme autrefois, la culture du pavot, à un point tel
qu’aujourd'hui l'Afghanistan produit
entre 80 et 90% de
l'héroïne qui
circule dans le monde. Pour ce qui
est de la "reconstruction", objet
d'un immense battage
publicitaire, seulement 3% de
toute l'aide
étrangère dépensée au pays ont été
consacrés à la reconstruction. Le Canada, pour sa part, a,
jusqu'à présent,
dépensé
plus de 4 milliards de dollars
pour sa mission afghane, et
90% de ce montant ont
été
consacrés à des fins
militaires. Une grande partie du
reste a été
dépensé en contrats aux coûts
gonflées artificiellement
accordés
à des entreprises occidentales
faisant preuve de peu ou
d'aucune imputabilité. Entretemps, depuis le début de l'invasion,
le nombre de victimes civiles
a
augmenté pour
atteindre des milliers par
année, et ceci est
probablement grandement
sousévalué si
l’on tient compte des taux
effarants de mortalité
infantile et de
mortalité liée
à la
sous-alimentation. La situation des droits de la femme, d'ailleurs,
bien que
«juridiquement»
sanctionnée, reste en
réalité aussi grave
qu’elle l’était sous le
régime taliban. Elle a de
plus été
aggravée par l'absence
totale de
sécurité, ce
qui a conduit à des viols
endémiques.
En terminant, l’un des aspects
particulièrement néfaste
de la participation du
Canada dans cette guerre
coloniale criminelle est
qu'elle encourage non seulement l’intégration militaire du
Canada à la machine de
guerre des
États-Unis, mais également
l'intégration
politique et économique de
ce pays.
Mais, tout cela ayant
été dit et fait, Hillier
et Harper peuvent bomber leur petite
poitrine et se la frapper
fièrement. Ils ont
leur petite guerre à
eux, et peuvent garder la
tête haute à
l'endroit où cela est très
important : à
Washington.
20.
Le «
Comité Manley » : des recommandations pipées
d'avance !
Le Collectif Échec
à la guerre annonce la tenue
d'audiences populaires
Montréal,
le 22 janvier 2008.
Le «
Comité Manley
» livre aujourd'hui ses recommandations au gouvernement
conservateur concernant l'intervention militaire canadienne en
Afghanistan au-delà du mois de
février 2009. Ses cinq membres siègent
aux conseils d'administration de plusieurs grandes corporations
canadiennes, notamment des entreprises du secteur militaire et
pétrolier. Ils
représentent les élites économiques
et politiques qui ont fait la promotion d'un partenariat approfondi, y
compris au niveau
militaire, avec les États-Unis. John
Manley a présidé le Task
Force
on the Future of North
America, qui a
recommandé en 2005 l'union économique des
États-Unis, du Canada et du Mexique. Derek Burney a fait partie
du Groupe d'action des chefs
de direction sur la
sécurité et la prospérité
nord-américaine, etc. Les cinq membres du « Groupe
d’experts indépendant » – Derek
Burney, Pamela Wallin, Paul Tellier, Jake Epp
et John Manley lui-même – sont
d'abord et avant tout des experts du partenariat stratégique
avec les
États-Unis.
Sur un enjeu aussi
majeur que celui de la guerre, le gouvernement a d'emblée
refusé de laisser la parole à la population
québécoise
et canadienne. Le « Groupe d'experts »
n'a tenu aucune audience publique. Les rencontres
qu'il a faites avec certains organismes se sont déroulées
à
huis-clos, les organismes devant même s'engager à
ne rien divulguer des questions ou
commentaires des membres du Comité. Le
public a pu soumettre des propositions... par Internet, que personne
n'a pu
consulter jusqu'à aujourd'hui.
Les
recommandations qui émanent aujourd'hui du Comité Manley
sont aux antipodes des positions d'une
forte majorité de
Québécois et de
Québécoises qui veulent le retrait pur et simple des
troupes canadiennes de
l'Afghanistan — des positions que ni le Parti
Libéral du Canada,
ni le Bloc
Québécois ne défendent à Ottawa. Il
est donc impérieux que la population québécoise
exige que cessent les affres de la guerre
et les tergiversations politiciennes.
C'est en vue de
contribuer à
cet objectif que le Collectif
Échec à la guerre tiendra, le 9 février
prochain, des audiences populaires pour le retrait des troupes
canadiennes de l'Afghanistan. Ces
audiences auront lieu à Montréal,
au Centre St-Pierre, sous la présidence
d'honneur de Madame Antonine Maillet.
En 2008, faisons
enfin échec
à la guerre
en
Afghanistan !